D’après le constat de la présidente de l’Association des pharmaciens de Madagascar (APM), Hortense Lucie Randrianaivo, l’industrie pharmaceutique locale n’est pas en bonne santé actuellement avec une production réduite à plus de 90% par rapport à sa situation dans les années 80. Interview.
* Les Nouvelles : A plus de 20 ans d’expériences en industrie pharmaceutique, comment trouvez-vous l’évolution de ce secteur actuellement ?
– Hortense Lucie Randrianaivo : On peut dire qu’il n’est pas en bonne santé, si je ne cite que le cas du laboratoire pharmaceutique Farmad qui a connu son apogée dans les années 80. A cette époque, non seulement il occupait 40% du marché local des médicaments, mais produisait également 150 sortes de médicaments et autres produits cosmétiques. Actuellement, la production de Farmad concernant ces substances est réduite à une quinzaine seulement.
* Quelles sont les causes de cette situation ?
– Il y en a plusieurs mais la surtaxation des intrants, c’est-à-dire les matières premières et les éléments de conditionnements, constitue la principale source de cette situation. On est toujours en perpétuelle discussion à ce sujet mais à part cela, il y a aussi l’importation des médicaments génériques. Au milieu des années 90, Madagascar a changé de cap en favorisant l’introduction des médicaments génériques internationaux, à condition que leurs laboratoires de fabrication soient en possession du certificat d’Autorisation de mise sur le marché (AMM) malgache. Ce qui a amené la facilitation de leurs importations au pays après l’aval de l’Agence de médicament et du service de pharmacovigilance qui suivent de près leurs productions en cas de non conformité. Par conséquent, les industries pharmaceutiques malgaches souffrent de cette concurrence.
* Que proposez-vous donc comme solutions ?
– Je ne suis pas habilitée à répondre à cette question. Cependant, j’aimerais attirer l’attention sur la présence d’autres acteurs intervenant actuellement dans le secteur à travers la valorisation des plantes médicinales, tels que l’Institut malgache de recherches appliquées (Imra), l’Homeopharma, Vaniala, Masoala et bien d’autres. Leur développement permettrait d’améliorer l’accès aux soins, tout en proposant des produits à coûts plus abordables.
Propos recueillis par Sera R.




