La campagne de vaccination contre la Mpox suscite des inquiétudes. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte sur un taux de couverture encore faible, malgré la disponibilité des doses et les efforts engagés.
A travers son représentant résident, le Dr. Laurent Musango, l’OMS met en lumière un paradoxe préoccupant en marge de la Journée mondiale de la Santé, célébrée hier au stade Barea. Alors que le pays dispose de vaccins suffisants pour couvrir jusqu’à 140.000 personnes lors de cette première phase, moins de 10.000 doses ont été administrées après près d’un mois de campagne.
Ce faible engouement ne constitue pas seulement un frein à la protection des populations, il pourrait également peser sur l’approvisionnement futur en vaccins. En effet, l’utilisation des doses disponibles conditionne l’arrivée de nouveaux stocks, dans un contexte où la riposte doit rester proactive.
Le Dr. Musango insiste particulièrement sur la nécessité d’accélérer la vaccination auprès des cas contacts. Sur environ 3.500 personnes identifiées, moins d’une centaine ont été vaccinées à ce jour. Une situation qui fragilise les efforts visant à interrompre les chaînes de transmission, alors même que ces groupes sont au cœur de la stratégie sanitaire.
Face à cette réalité, l’OMS préconise une réévaluation rapide de l’approche adoptée. La tenue d’une réunion stratégique dédiée à la vaccination est notamment recommandée afin de renforcer les actions de sensibilisation et d’améliorer la mobilisation des populations ciblées.
Vaccination désormais ouverte à tous
Conscientes des limites de la stratégie initiale, les autorités sanitaires malgaches ont décidé d’opérer un changement d’approche. Comme l’explique le Dr.Andrianina Désiré Rakotoarimino, DG de la Médecine préventive, la première phase de la campagne ciblait principalement les groupes jugés les plus vulnérables, notamment les cas contacts, les travailleurs du sexe, les personnes vivant avec le VIH, les détenus et les femmes enceintes. Cette priorisation a restreint l’accès au vaccin pour une partie de la population désireuse de se faire immuniser.
Désormais, la vaccination contre la Mpox est ouverte à tous et reste gratuite. Une mesure destinée à lever les barrières d’accès et à stimuler l’adhésion du public. « Beaucoup voulaient se faire vacciner mais n’ont pas pu », souligne le médecin, ajoutant que cette nouvelle orientation devrait permettre d’augmenter significativement le nombre de personnes vaccinées.
Parallèlement, une stratégie renforcée est en cours de déploiement en collaboration avec le ministère de la Santé publique, tandis que les préparatifs pour l’importation d’une deuxième vague de vaccins sont déjà engagés.
Dans ce contexte, le défi n’est plus tant la disponibilité des doses que la capacité à convaincre et mobiliser. La réussite de la campagne dépendra désormais de l’adhésion collective, condition essentielle pour contenir efficacement la propagation de la Mpox à Madagascar.
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