Sécurité au Sahel: Washington envisage de frapper fort le Polisario

Washington s’apprête à mettre les pieds dans le plat. Un projet de loi déposé par le sénateur Ted Cruz demande au Département d’État d’inscrire le Front Polisario sur la liste des organisations terroristes si des liens avérés sont établis entre le mouvement et des relais iraniens. Pour Cruz, la menace n’est pas un simple feu de paille : coopération militaire, partage de renseignements et surtout la prolifération de drones iraniens constituent, selon lui, un faisceau d’indices qui mérite d’être pris au sérieux.
«Cette question devrait relever de l’évidence», a-t-il martelé, comme pour tirer la sonnette d’alarme au sein du Capitole.
Du côté de l’exécutif, Monica Jacobsen, haute responsable américaine, a mis de l’eau dans son vin diplomatique en rappelant le contexte : elle revenait de Budapest où 35 gouvernements se sont réunis pour contrer l’influence de l’IRGC en Afrique. Cette convergence entre législatif et exécutif pourrait, si elle se concrétise, mettre le Polisario au ban de la communauté internationale et resserrer l’étau autour de ses soutiens présumés. En filigrane, l’enjeu dépasse le dossier saharien : il s’inscrit dans une lutte plus vaste contre l’expansionnisme de Téhéran sur le continent africain.
La manœuvre américaine, si elle va jusqu’au bout, risque de rebattre les cartes diplomatiques dans la région et de faire pencher la balance en faveur d’alliances sécuritaires renforcées entre les États-Unis et leurs partenaires africains.

Naisa

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