Atelier : les enjeux de la Zlecaf passés au crible

Officiellement opérationnelle depuis le 1er janvier 2021, la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) a changé de dimension. Après deux jours d’échanges soutenus lors d’un atelier national au Le Louvre Antaninarenina, elle est passée du statut d’accord stratégique à celui d’outil concret.

Dès l’ouverture des travaux, mardi, les participants ont situé Madagascar dans une dynamique commerciale africaine en mutation. Et l’état d’avancement de la mise en œuvre de la Zlecaf, tant au niveau continental que national, a servi de point de départ d’une réflexion stratégique et opérationnelle.

Le commerce des services a fait émerger des perspectives encore sous-ex­ploitées, tandis que celui des marchandises a permis d’ examiner concrètement les conditions d’accès aux marchés africains. Les règles d’origine, souvent perçues com­me complexes, ont été expliquées à travers des cas pratiques, rendant leur application plus tangible pour les entreprises.

De la compréhension à l’appropriation

C’est précisément dans cette dynamique que les outils techniques de la Zlecaf ont pris toute leur importance. Portail tarifaire, plateformes de gestion des barrières non tarifaires, système panafricain de paiement ou encore instruments d’identification des opportunités commerciales ont été présentés comme autant de solutions concrètes. Les discussions sur les corridors logistiques et les stratégies d’exportation ont permis de relier ces instruments aux réalités du terrain.

Cette montée en compétence répond directement aux préoccupations exprimées par Simone Assah Kuete, la Chargée d’affaires économiques auprès de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA). Elle a rappelé que « l’appropriation effective de cet accord par les acteurs économiques du pays, demeure essentielle». Elle soulignait également que « l’appropriation des outils techniques reste un défi majeur », avant d’insister que « l’appropriation technique des instruments opérationnels de l’Accord est une condition sine qua non à son déploiement effectif ».

Au fil des échanges, une vision plus claire du rôle du secteur privé, s’est dégagée. Les entreprises malgaches sont désormais appelées à se structurer, à anticiper les exigences du marché africain et à s’inscrire dans des chaînes de valeur plus compétitives.

L’appui du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a joué un rôle déterminant dans cette évolution. Leur accompagnement a permis de structurer les échanges, de renforcer les capacités techniques et de fournir aux participants des outils adaptés aux réalités du commerce africain.
Au terme des deux journées, les résultats sont bien au-delà des attentes. Les capacités ont été renforcées, les mécanismes clarifiés et les acteurs disposent désormais de repères concrets pour agir.

Fahranarison

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