Bourses universitaires: retour à la case Trésor, recul de la digitalisation

Alors que Madagascar s’est engagé depuis plusieurs années sur la voie de la transformation numérique, la récente décision de confier le paiement des bourses universitaires au Trésor public, ravive l’inquiétude des étudiants.

Il y a quelques années, l’Etat amorçait une réforme ambitieuse consistant à moderniser le paiement des bourses à travers un système digitalisé. Au cœur de cette initiative, la carte e-poketra, un portefeuille élect­ronique censé fluidifier les transactions, réduire les files d’attente et sécuriser les versements.
Pensée comme un le­vier d’inclusion finan­cière, cette solution devait marquer une rupture avec les pratiques administratives classiques. Pourtant, sur le terrain, les difficultés techniques, les retards et les limites d’accès ont progressivement fragilisé cette transition numérique.
Face à ce revirement, certaines voix s’élèvent. Parmi elles, celle de la députée Dr. Clarisse Man­jary, présidente de la Commission du développement numérique à l’As­semblée nationale, qui parle d’« un recul inquiétant. Nous sommes-nous déjà à l’ère de la digitalisation et pourtant, les boursiers doivent-ils encore faire la queue au Trésor ? Que s’est-il passé ? ».

Le retour des files d’attente

La nouvelle mesure est désormais actée. Les étudiants devront percevoir leurs bourses directement auprès du Trésor public. Une décision qui évoque, pour beaucoup, un retour en arrière.
Dans un contexte où la modernisation des services publics est régulièrement mise en avant, cette orientation crée un décalage frappant entre discours et réalité. Pour les étudiants, cela signifie potentiellement le retour des longues files d’attente et des démarches administratives lourdes.
Du côté des autorités, la réforme se veut pragmatique. Elle s’inscrit dans une logique de sécurisation et de transpa­rence des finances publi­ques. Les objectifs sont clairs : mieux contrôler les flux financiers, garantir une traçabilité accrue et assurer des paiements plus réguliers.

Rakoto

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