Une centaine de jeunes ont répondu, hier à Mahazoarivo, à l’appel au dialogue lancé par le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, traduisant la volonté claire d’une grande partie de la jeunesse de participer activement aux réformes en cours. Ce dialogue a toutefois révélé un malaise, celui d’une génération qui ne se sent pas suffisamment écoutée et intégrée au processus de refondation.
Au cœur des échanges, un message revient avec insistance. Les jeunes ne veulent plus être cantonnés à un rôle d’observateurs. «Donnez aux jeunes un véritable espace d’expression», ont insisté plusieurs intervenants, dénonçant les barrières qui réduisent leur niveau d’engagement. Ils veulent s’impliquer totalement dans le processus de réformes tout en réclamant une vraie place, pour y parvenir.
Certains jeunes estiment qu’ils disposent des compétences leur permettant d’assumer des responsabilités, mais ils sont confrontés à des obstacles, pour faire entendre leurs idées et concrétiser leurs projets.
Et sans détour, les participants ont déclaré qu’ils veulent être représentés au sein des institutions, notamment au Conseil économique, social et culturel (CES), notamment ceux qui ont réellement lutté sur terrain en septembre et octobre 2025.
Sur ce point, «nous allons permettre aux jeunes de contrôler les actions gouvernementales et d’intégrer l’administration. Cependant, seuls les méritants accèderont à ces fonctions», a répondu le Premier ministre.
En un mot, les participants aspirent à une refondation plus inclusive, où la jeunesse ne serait pas seulement consultée, mais pleinement impliquée dans les décisions. Plusieurs intervenants ont d’ailleurs tenu à préciser que le soutien au processus en cours ne devrait pas exempt de toute critique.
«Les véritables soutiens sont ceux qui osent dire la vérité», a lancé l’un d’eux, appelant à dépasser les logiques de flatterie ou d’opportunisme.
Face à ces interpellations, le Premier ministre a affirmé sa volonté de prendre en compte les attentes des jeunes. Il a également apporté des précisions sur la situation des militants détenus, évoquant des affaires liées à des projets graves visant les institutions, notamment un projet de coup d’Etat et une tentative d’assassinat du président Michaël Randrianirina.
Cette rencontre a ainsi permis au Premier ministre Mamitiana Rajaonarison de donner la parole aux jeunes dans un cadre institutionnel. Elle a effectivement mis en avant l’exigence d’une participation réelle, structurée et reconnue. Reste désormais à savoir si cette ouverture débouchera sur des mesures concrètes. Car pour beaucoup de jeunes, le temps n’est plus aux promesses, mais à l’action.
Tivo Rasam




