A Madagascar, près de 15 % de la production rizicole sont perdus tout au long de la chaine de valeur, représentant environ 700.000 tonnes de riz. Face à ce constat, le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (Miasa) a lancé hier à Ambohibary dans le Vakinankaratra, la campagne post-récolte 2026.
Le ministre Gaétan Ramindo a rappelé l’ampleur du défi. «Ces pertes fragilisent notre sécurité alimentaire et nous obligent à recourir aux importations pour combler le déficit. Il faut agir rapidement pour inverser la tendance».
Et la majorité des pertes se produisent lors des opérations de battage, de vannage et de stockage encore largement traditionnelles. «La modernisation des équipements est une priorité pour valoriser la production nationale», a souligné le ministre.
Dans ce cadre, le programme PACK RIZ, appuyé par le projet de Résilience des systèmes alimentaires à Madagascar (FSRP), financé par la Banque mondiale, a permis l’acquisition de nouveaux matériels agricoles. Au total, 33 batteuses-vanneuses motorisées, 316 batteuses à pédale et 201 vanneuses à pédale seront déployées dans 12 régions stratégiques.
Réduction des pertes
À Ambohibary, pendant douze jours, des démonstrations techniques sont organisées pour encourager l’adoption de ces équipements. L’objectif est d’appuyer directement 575 producteurs, pour traiter 720 tonnes de paddy sur 230 hectares.
Les résultats attendus sont significatifs. «Nous visons une réduction des pertes de 15 % à 5 %», a précisé un technicien. Cela permettrait de sauvegarder 40 tonnes de paddy, soit près de 70 kg de riz propre supplémentaires par ménage. Parallèlement, le ministère renforce son soutien aux agriculteurs. Lors du lancement, 20 tonnes d’urée et 7,5 tonnes de semences ont été distribuées pour préparer la contre-saison.
Pour le Miasa, cette initiative s’inscrit dans une vision plus large. «Nous voulons bâtir une agriculture moderne et garantir la souveraineté alimentaire du pays», a affirmé le ministre.
Arh.




