C’est seulement suite à l’accident mortel d’une conductrice et de sa fille sur la RN2, écrasées par un conteneur qui s’est détaché de sa plateforme, que les autorités responsables des transports serrent la vis sur les normes de fixation des conteneurs.
Ainsi, les dispositifs de fixation «twist locks» qui jouent un rôle essentiel dans la sécurité du transport de conteneurs vont être scrutés à la loupe. C’est la défaillance à ce niveau qui occasionne le plus fréquemment le renversement des conteneurs. Et beaucoup ne respectent pas les normes requises.
Quoi qu’il en soit, cette tragédie a fortement marqué les esprits si bien que le ministère de tutelle a annoncé le renforcement immédiat des contrôles et des sanctions face au non-respect persistant des normes de sécurité. Autrement dit, ledit ministère était bien au courant des nombreux manquements à ce sujet.
Dans ces conditions, qu’il le veuille ou non, la responsabilité du ministère est fortement engagée dans ce tragique accident. En étant en connaissance de cause de ces manquements, il n’a pas mis en place les dispositifs requis qu’après l’accident. En quelque sorte, c’est comme une non-assistance à une personne en danger.
Mais on peut être certain qu’aucune poursuite ne sera lancée à l’encontre de ces responsables. La raison est que de nombreux cas similaires se sont déjà produits. Mais aucun responsable n’a jamais vu sa responsabilité engagée. On essaie de rattraper son erreur et tout s’arrête là.
Ce type d’accident survient dans de nombreux domaines d’activités. Il existe bien des normes de sécurité qui doivent être respectées, mais finalement, personne ne s’en soucie sauf qu’au moment où il arrive un accident. Mais à ce moment-là, il est déjà trop tard.
Cela arrive bien plus souvent qu’on ne pense. Le non-respect des normes de sécurité, dans tous les domaines, peut s’expliquer pour différentes raisons. Tout d’abord, ceux qui sont chargés des contrôles tombent facilement dans la routine à moins qu’ils ne succombent à des actes de corruption.
Alors, les contrôles se relâchent. Quant aux usagers, ils attachent peu de valeur aux éventuelles conséquences de tels actes de manquement. De toutes les façons, bien souvent, ils tombent dans l’erreur à éviter qui est de penser que çà n’arrive qu’aux autres. Or, ils savent très bien que «le respect des règles sauve des vies».
Il faut se dire que ce sont toujours les transporteurs qui sont les
premiers responsables. C’est seulement après que la responsabilité du ministère est engagée. Et comme d’habitude, ces responsables réagissent comme le médecin après la mort. Mais, comme on le dit, mieux vaut tard que jamais.
Ranaivo Lala Honoré




