Les lauréats de la 10e édition du concours d’art contemporain Paritana ont été dévoilés, samedi à l’Institut français de Madagascar (IFM) Analakely. Et Parmi les 52 candidats en lice, Miangaly Elia est sortie du lot.
Agée de 24 ans, Miangaly Elia Andriantsoa, artiste plasticienne autodidacte, s’impose comme la grande lauréate de la 10e édition du concours d’art contemporain Paritana, cette année.
Son projet de création des dioramas, utilisant le couloir comme un espace de transition, explore les liens entre structures urbaines, conditions de vie et identités culturelles. C’est une immersion artistique où fragments d’architecture, peinture, collage et tissage dialoguent dans des formats monumentaux.
En guise de récompense, elle bénéficie d’une résidence de trois mois à la Cité internationale des arts à Paris, puis à la Fondation H à Antananarivo, ainsi qu’une bourse de 3 000 euros, soit 15 millions d’ariary environ. Elle aura aussi droit à une exposition personnelle à l’IFM.
Deux vice-lauréats
Parmi les vices-lauréats, Finiavana Raharisandratana apporte une nouvelle approche photographique du grand Sud malgache. A travers une esthétique délicate, il cherche à dépasser les clichés de précarité pour révéler la dignité et la complexité humaine de cette région. Inspirée du papier antemoro, l’intégration de fleurs séchées dans ses tirages donne à son œuvre une portée à la fois poétique et symbolique, située à mi-chemin entre le regard documentaire et l’expression artistique.
Quant à Zo Andrianjafy Ramino-Ratsiravana, il s’est démarqué à travers «Tsiokatimo, les gardiens de l’absence», un projet photographique en noir et blanc qui capte les transformations silencieuses du Sud, mettant en lumière ceux qui restent face aux bouleversements climatiques et migratoires. A travers des gestes et des regards, il donne à ressentir une absence, sans jamais recourir à une narration explicite.
Les deux artistes finalistes bénéficient d’un accompagnement comprenant une résidence et une exposition à la Fondation H, ainsi qu’une bourse de 5.000.000 ariary.
Cette édition a été marquée par la richesse et la diversité des propositions artistiques, témoignant d’une scène contemporaine malgache en pleine évolution. Le jury a notamment souligné la qualité des démarches, à la fois ancrées dans des réalités locales et sur des questionnements universels.
Holy Danielle




