L’Afrique traverse aujourd’hui une période difficile et se trouve dans la tourmente. Au Mali, l’attaque soudaine des islamistes appuyés par des forces étrangères a failli aboutir à un coup d’Etat parfait sans le soutien des Russes au gouvernement malien.
Plus récemment encore, en Afrique du Sud, on assiste à une très forte poussée de violences à caractère xénophobe. La vague de violences xénophobes contre les migrants africains s’accentue. Ces derniers sont accusés d’être responsables du chômage, de l’insécurité et des difficultés économiques locales.
Et bien évidemment, les dirigeants des pays d’où viennent ces migrants ne manquent pas de réagir. C’est ainsi qu’au titre de la réciprocité absolue, la présidente Tanzanienne, Samia Suluhu Hassan, a donné 48 heures aux citoyens sud-africains pour quitter le pays.
Et dans le même ordre d’idée, elle a ordonné la suspension immédiate de toutes les liaisons aériennes et commerciales avec l’Afrique du Sud non sans rappeler le soutien de la Tanzanie pendant la lutte pour l’indépendance et l’accueil des exilés sud-africains ayant combattu l’Apartheid.
Ce ne sont pas seulement les tanzaniens qui sont visés. Les actions hostiles sont dirigées contre les étrangers originaires d’Afrique subsaharienne. Faut-il rappeler que les nations africaines ont joué un rôle crucial dans la lutte contre l’apartheid et l’accueil des combattants sud-africains en exil.
Mais l’homme a la mémoire courte et la reconnaissance n’est pas l’une de ses principales qualités. Quoi qu’il en soit, cette réaction de la présidente tanzanienne n’est pas isolée. D’autres pays comme le Nigéria ont agi de la même façon.
D’autres ont pris des décisions plus radicales. Ainsi, le Botswana a décidé de couper l’électricité qu’il fournissait à certaines provinces de l’Afrique du Sud. En résumé, on peut dire qu’aujourd’hui, des africains s’attaquent à des Africains ou tout simplement, on monte les uns contre les autres.
Effectivement, il est difficile de croire qu’il s’agit d’une simple coïncidence. Comme le dit l’ancien proverbe : « Le hasard n’a pas d’ailes, chaque chose trouve sa raison dans le ciel » qui dans son équivalent malgache se dit : « Ny hitsikitsika tsy mandihy foana ».
Dans ces circonstances, quid de Madagascar ? Tout ce qu’on peut dire pour le moment c’est qu’il y a des faits qui doivent attirer l’attention. Tout d’abord, il y a quelques jours, sut les réseaux sociaux, on a ravivé la rancœur des Comoriens à l’égard des Malgaches à cause d’un évènement qui s’est passé il y a des décennies. Cela pour monter les Comoriens contre les Malgaches.
Ce jour-là, les Betsirebaka ont pris en chasse les Comoriens installés à Mahajanga suite à des violences faites par un Comorien sur un garçonnet autochtone. Ce malheureux évènement s’est soldé par l’évacuation des Comoriens vers leur pays d’origine entraînant de véritables drames familiaux.
D’un autre côté, on s’efforce de véhiculer avec véhémence, la mise en place d’un Etat fédéraliste. Or, dans l’état actuel du pays, un régime fédéraliste ne ferait qu’affaiblir le pays car cela ne ferait qu’accentuer la division. Mais pour certains intérêts, cela servirait leur objectif qui se résume par : Diviser pour régner.
Tous ces faits n’arrivent pas de façon providentielle ou sont le fruit du hasard. Ils sont pensés, préparés, programmés puis provoqués. L’erreur serait de ne pas y croire et de ne pas se préparer à y faire face dans toutes les éventualités. La meilleure façon d‘agir est de rester sur le qui-vive.
Ranaivo Lala Honoré




