C’est un véritable scandale qui a éclaboussé l’Agence portuaire, maritime et fluviale (APMF) après qu’on ait découvert que plus d’une dizaine de personnes ont utilisé de faux diplômes pour travailler au sein de cet organisme public. Mais le compte n’est pas encore fait, d’autres cas peuvent encore exister.
C’est pourquoi les contrôles et les vérifications qui s’imposent se poursuivent encore. Autrement dit, on n’est pas encore définitivement fixé sur le nombre de faux diplômes utilisés. Mais quoi qu’il en soit, l’existence de plus d’une dizaine de personnes impliquées révèle déjà l’importance de la fraude.
La première question qui se pose est de savoir comment cela a pu se faire à l’insu de tous les responsables qui sont concernés, de près ou de loin, au recrutement de ces agents. De toutes les façons, qu’on le veuille ou non, on ne peut parler que de complicité ou d’incompétence.
Le recrutement de
ces faux diplômés est une véritable insulte à l’égard de tous ces jeunes qui triment pour poursuivre leurs études durant de nombreuses années. Mais finalement, à cause de ces mauvaises pratiques, ils se retrouvent au chômage ou tout au plus doivent se contenter de postes subalternes.
Cette situation est amplifiée par un marché du travail limité entrainant de grandes difficultés pour trouver un emploi correspond véritablement à la qualification de chacun. En fait, c’est le copinage, le népotisme… qui règne dans le système de recrutement.
Et bien évidemment, il ne faut pas oublier la corruption. Il est bien connu que dans de nombreux cas, le paiement d’une très forte somme est exigé à tous les prétendants à un poste de travail. En fin de compte, ni la qualification, ni la compétence ne sont pas pris en considération.
Pour toutes ces raisons, les sanctions doivent s’imposer à différents niveaux ; Tout d’abord, les fraudeurs sont les premiers concernés. Il y a aussi le ou les responsables du recrutement. S’ils ne sont
pas complices, tout au moins, cela montre leur incompétence de savoir distinguer le bon grain de l’ivraie.
Enfin, le cas échéant, l’établissement qui a délivré le faux diplôme ne peut pas s’en sortir complètement blanchi. Dans tous les cas, ce sera un message adressé aux autres établissements d’enseignement qui auraient des velléités de tomber dans les mêmes pratiques.
Cette utilisation de faux diplômes à l’AMPF n’est pas une exception. On se doute bien que la même pratique existe dans de nombreux organismes étatiques. Il suffit de se pencher sur quelques dossiers et de passer au peigne fin tous les recrutements – et c’est faisable -, pour constater que tout le système est pourri jusqu’à l’os.
Ranaivo Lala Honoré




