Transporteurs : une riposte nationale face aux difficultés du secteur

Face à l’accumulation des contraintes économiques et structurelles, les transporteurs de personnes et de marchandises à Madagascar décident de s’unir. Une démarche stratégique pour défendre leur activité, peser dans les décisions publiques et préserver un secteur vital pour l’économie nationale.

La mobilisation prend une nouvelle dimension. Longtemps fragmentés, les acteurs du transport choisissent désormais la cohésion. « Le trans­port est devenu le parent pauvre des activités économiques », alerte Emile Rakotonirina, président de l’Union de coopératives des transports urbains (UCTU), hier à Ala­sora. Autour de lui, transporteurs urbains, opérateurs nationaux, acteurs régionaux, taxis et logisticiens affichent une volonté commune : ne plus subir en silence.

Un secteur fragilisé
Pilier discret de l’économie, le transport assure la circulation des personnes et des biens à travers le territoire. Pourtant, ses acteurs dénoncent un déséquilibre profond. « Le transport de personnes et de marchandises n’est pas un service public, c’est une activité économique. Il doit être reconnu comme tel », insiste le porte-parole.
Les difficultés sont multiples : fiscalité jugée lourde, dégradation des routes qui alourdit les charges, décisions administratives prises sans concertation. A cela s’ajoute une contrainte majeure. « Les transporteurs ne peuvent pas fixer librement leurs tarifs. Ce sont les autorités qui les déterminent, alors même que nous subissons des pertes », précise-t-il.

Une voix commune
En se structurant à l’échelle nationale, les trans­porteurs entendent changer de dynamique. « Nous ne demandons pas d’aides financières à l’Etat, mais un véritable dialogue », affirme Emile Rakotonirina. Leur objectif  consiste à instaurer une concertation durable pour adapter les décisions aux réalités du terrain.
Parmi les propositions avancées figure la révision du cahier des charges du transport urbain et interurbain, un dossier en attente depuis six ans. Les professionnels attendent désormais des réponses concrètes des autorités.
Les discussions avec les pouvoirs publics ont débuté, laissant entrevoir une possible évolution. Autre point sensible : la gestion de la compagnie d’assurance Mama. « Elle a été créée par les transporteurs. Nous espérons récupérer sa gestion après la décision de justice attendue », souligne le porte-parole.

Fahranarison

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