Quatre décennies de création musicale, de scène et de partage. Nogabe Randriaharimalala, musicien, chanteur et auteur-compositeur malgache basé à Marseille, a construit au fil des années un univers musical singulier, entre folk, rythmes africains et sonorités de l’océan Indien. Un parcours artistique riche qui mérite un détour.
Issu d’une lignée de musiciens, Nogabe a grandi dans une atmosphère bercée par la musique évangélique. Avec un grand-père pasteur et instrumentiste, un père, fondateur d’un groupe familial qui répétait chaque samedi soir à la maison, cette routine nourrit très tôt sa passion. Dans une fratrie de six enfants, le jeune Nogabe découvre la guitare en autodidacte à l’âge de 9 ans avant de devenir, à 16 ans, le batteur du groupe familial.
En 1977, son père, alors agent d’ambassade, est muté à Pékin. Une nouvelle étape qui ouvre au jeune musicien les portes de la scène internationale. Il intègre alors Pékin All Stars, un groupe anglo-américain de rock basé dans la capitale chinoise. «Les membres étaient journalistes de profession mais jouaient du rock pendant leur temps libre», raconte-t-il.
Après le départ des musiciens américains, Nogabe et son frère fondent Black Dragon avec des étudiants malgaches installés en Chine. «Le groupe figure parmi les pionniers ayant introduit la musique africaine et le reggae dans le paysage musical chinois des années 1980».
Nogabe Band
Au début des années 1990, l’artiste s’installe à Hong Kong où il crée le Nogabe Band avec des musiciens locaux. Son surnom «Noga», hérité de son enfance, devient alors son identité artistique. Il y enregistre ses premiers albums avant de signer, en 1995, avec une maison de production qui l’emmène à Londres.
Dans la capitale britannique, il fonde un nouveau groupe et poursuit sa carrière discographique. Mais la dissolution soudaine de sa compagnie de production, alors qu’une importante tournée se préparait, le pousse à prendre ses distances avec la musique. Il retourne ensuite en Chine,
où il travaille pendant une dizaine d’années auprès de l’ambassade américaine.
Come-back
En 2008, Nogabe revient à Londres et renoue progressivement avec la scène musicale à travers plusieurs tournées entre le Royaume-Uni et la France, avant de s’installer à Marseille en 2022.
Aujourd’hui, l’artiste continue de chanter en malgache et en anglais, sans jamais perdre le lien avec ses racines. Ses compositions abordent notamment la nostalgie, les difficultés du peuple malgache et les enjeux liés au changement climatique. «Quand je compose, mes textes me ramènent toujours à Madagascar», confie-t-il.
Fort de cinq albums à son actif, Nogabe profite actuellement de son passage à Madagascar pour enregistrer quatre nouveaux titres. Accompagné du multi-instrumentiste Ralanto, il a enflammé la scène du Valiha Hôtel hier soir. Après plusieurs prestations au No Comment Bar, un concert privé à Toamasina et une escale à Mahajanga, l’artiste se produira à La Teinturerie le 15 mai prochain avant de poursuivre sa route vers d’autres horizons.
Joachin Michaël




