Engagé dans une nouvelle stratégie de repositionnement diplomatique et de diversification des partenaires économiques, Madagascar par le biais d’une délégation conduite par le président de la République de la Refondation, Michaël Randrianirina, participera à partir de ce jour, à Nairobi, à l’Africa Forward Summit (Sommet France-Afrique), co-organisé par la France et le Kenya, placé sous le thème « Partenariats Afrique-France pour l’innovation et la croissance ».
Au-delà de la portée économique et dans un contexte de recomposition des alliances en Afrique, ce rendez-vous revêt aussi une dimension diplomatique majeure, notamment pour Madagascar, qui reste suspendu de toutes les activités de l’Union africaine, jusqu’à nouvel ordre.
C’est dire que malgré les sanctions de l’UA qui reste inflexible, cette rencontre sera une occasion à saisir pour la délégation malgache de renouer les relations bilatérales et raffermir les liens diplomatiques avec les pays partenaires africains. Dans ce sens, Madagascar veut également marquer sa présence sur la scène continentale.
Des enjeux majeurs
Placé sous le thème «Partenariats Afrique-France pour l’innovation et la croissance», ce sommet marque aussi le début d’une nouvelle ère de partenariats et relations économiques entre la France et l’Afrique, dans les secteurs stratégiques en faveur de l’investissement de l’innovation et du développement durable
Madagascar étant confronté à d’importants défis en matière d’infrastructures, d’énergie et d’industrialisation, l’Africa Forward Summit pourrait ouvrir la voie à des opportunités économiques sans précédent. Les discussions porteront notamment sur la transition énergétique, l’industrialisation verte ainsi que la réforme de l’architecture financière internationale. Des secteurs dans lesquels Madagascar espère également nouer des partenariats et attirer des financements.
A ce sujet, plus de 4 000 délégués et plusieurs milliers d’opérateurs du secteur privé sont attendus à Nairobi. Le forum business organisé le 11 mai met l’accent sur l’intelligence artificielle, le numérique, la transition énergétique, la souveraineté alimentaire et les systèmes de santé. Paris veut ainsi promouvoir une coopération fondée sur le co-développement et les partenariats économiques. Le choix du Kenya traduit aussi la volonté française de se repositionner en Afrique de l’Est.
Autre symbole fort de cette édition : c’est la première fois que le Sommet Afrique-France se tient dans un pays non francophone. Un choix qui traduit la volonté des organisateurs d’élargir le cadre de coopération entre la France et le continent africain, face à la forte influence de la Chine, de la Russie, des Etats-Unis et des pays du Golfe. Pour Madagascar, cette participation constitue ainsi un test diplomatique, mais aussi une occasion de repositionner son image auprès de ses partenaires africains et internationaux.
S.A




