Ne pas comparer l’incomparable

Entre 2023 et 2025, selon un bilan récapitulatif livré par le directeur de sécurité et des renseignements auprès de la gendarmerie na­tionale, on aurait recensé 418 morts par accident de la circulation contre 406 des suites des actes de banditisme. A première vue, il est indéniable que les accidents de circulation tuent beaucoup plus de personnes que les actes de banditisme.
Incontestablement, il y a beaucoup à dire sur la circulation à Mada­gascar. Mais compte tenu de l’état des routes et de l’étroitesse des chaussées où tous les types de véhicules circulent sans distinction, sans oublier la vétusté de nombreux véhicules à moteur, on peut tout de même considérer que la situation n’est pas aussi catastrophique qu’on le laisse entendre.
Certes, un décès, quelle qu’en soit la cause et qui que ce soit la victime, est toujours une chose regrettable. Et on pense bien que c’est pour cette raison que ce responsable de la gendarmerie nationale a voulu attirer l’attention des tous les usagers de la route. Mais en comparant les deux chiffres du bilan, il y a une chose à ne pas commettre.
En voyant que le nombre de décès par accident de la circulation dépasse celui des victimes d’actes de banditisme (de peu d’ail­leurs), il ne faut pas conclure que les accidents de circulation sont plus meurtriers que les actes de banditisme. C’est une erreur à ne pas commettre. En effet, il faut relativiser les deux causes de décès.
Il ne faut pas oublier que le nombre de véhicules (voitures particulières, taxi-brousse, mini bus, camions, deux roues…) en circulation quotidiennement sur les différents axes routiers est très important. En fait, combien de véhicules roulent aujourd’hui sur les routes et rues du pays ? Sans aucun doute, il y a des centaines et des centaines de milliers, même si on n’a pas le chiffre exact.
Or, chaque véhicule est susceptible de faire un accident qui peut être finalement mortel. Rien qu’à penser à cette éventualité, on ne peut manquer d’avoir les cheveux se dresser sur la tête. En tout cas, le nombre d’accidents mortels est insignifiant comparé au nombre de véhicules en circulation. Et il est heureux qu’il en soit ainsi autrement on aurait droit à une véritable hécatombe.
En ce qui concerne les accidents de circulation mortels, il aurait été plus intéressant de comparer suivant le type de véhicules (camions, transports en commun, voitures lé­gères et motos). On au­rait pu ainsi apprécier quel type de conducteur fait le plus d’accident mortel et quelles en sont les causes (défauts mécaniques ou négligence du conducteur) pour des ac­tions à venir. Et surtout, il ne faut pas comparer ce qui n’est pas comparable.

Ranaivo Lala Honoré

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