Hautes Terres et Moyen-Ouest: le pari de l’élevage familial pour sortir de la pauvreté

L’élevage familial est pratiqué par plus de 70 % des ménages ruraux, notamment dans les Hautes Terres et le Moyen-Ouest de Madagascar. Son rôle est déterminant dans l’alimentation, les revenus, la fertilité des sols et la résilience face aux chocs climatiques. Dans un contexte de croissance démographique et de forte demande en produits d’origine animale, ce secteur s’impose en levier, bien qu’il reste encore insuffisamment intégré aux politiques publiques.
Pour le ministre de l’Élevage, Riana Nantenaina Randrianomenjanahary, l’élevage familial est avant tout un moteur économique local. Il affirme : «L’élevage familial permet de générer des ressources importantes pour les familles d’agriculteurs». Il souligne également le rôle des races locales et l’importance nutritionnelle des productions : «Les poulets locaux assurent des apports en protéines essentiels, et entre 25 % et 50 % des revenus des ménages proviennent de l’élevage de volailles». Selon lui, la majorité des foyers ruraux sont surtout «de véritables micro-entrepreneurs».
De son côté, Patrick Daniel-Ramananarivo, de la délégation de l’Union européenne à Antananarivo, explique que «l’élevage familial permet d’agir sur l’ensemble des systèmes agricoles, en débloquant des facteurs de production aussi bien végétaux qu’animaux». Il y voit un enjeu majeur de souveraineté alimentaire et nutritionnelle, à travers les œufs, le lait ou la viande, mais aussi un levier pour améliorer l’emploi rural et structurer les filières : «C’est en intégrant ces systèmes que l’on peut lever les contraintes foncières, financières et techniques et augmenter la production et la commercialisation».

Solution pour le développement rural ?
Hier, mardi 12 mai, un atelier-débat s’est tenu à l’hôtel Panorama à Antananarivo dans le cadre des projets «Démarches intégrées et accompagnement pour une agriculture familiale à Madagascar innovante et résiliente aux changements climatiques • Dinaamicc» et «Système de production d’altitude et durabilité – Spad». Il a porté sur le thème : «L’élevage familial, solution pour le développement rural ?».
L’événement a accompagné la présentation d’un rapport collectif sur l’élevage familial, élaboré par plusieurs organisations de recherche et de développement. Celui-ci a été remis à plusieurs ministères et partenaires techniques et financiers, dont l’Union européenne, la Fao, la Jica et la GIZ. Chercheurs, institutions publiques et organisations paysannes ont échangé sur les leviers techniques, économiques et politiques nécessaires pour renforcer durablement ce modèle agricole.
Au terme des discussions, les participants se sont mis d’accord pour «reconnaître l’élevage familial comme un pilier du développement rural et de l’adapter aux réalités des exploitations agricoles malgaches».

Arh.

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