L’eau potable reste l’un des défis sociaux les plus persistants à Madagascar.
Entre pénurie d’infrastructures, inégalités territoriales et impacts sanitaires grandissants, l’accès à une eau sûre demeure encore hors de portée pour une large partie de la population. Réunis mercredi au Novotel à Ivandry, les principaux acteurs du secteur ont dressé un constat préoccupant, mais surtout appelé à une meilleure coordination des actions pour inverser la tendance.
Des chiffres qui rappellent l’urgence
Les chiffres issus de l’enquête « MICS 2025 » ont rappelé l’ampleur des difficultés : seuls 39 % des habitants ont accès à l’eau potable et à peine 7 % disposent d’infrastructures d’assainissement de base. Une situation qui continue d’alimenter les maladies diarrhéiques, la malnutrition et les interruptions scolaires, notamment chez les enfants des zones les plus vulnérables. Dans plusieurs régions, les femmes et les jeunes filles consacrent encore une partie importante de leur journée à parcourir parfois jusqu’à dix kilomètres pour s’approvisionner en eau.
La représentante de l’Unicef à Madagascar, Christine Jaulmes, a souligné les conséquences directes de cette précarité sur les enfants. Selon elle, le manque d’accès à l’eau potable affecte non seulement leur santé à travers les maladies diarrhéiques et la malnutrition, mais perturbe également leur développement et leur parcours scolaire.
Une stratégie fondée sur les données pour changer la donne
Face à cette réalité, le ministère de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène, avec l’appui de Unicef, de Banque mondiale, du Royaume-Uni et d’autres partenaires, mise désormais sur une planification fondée sur les données pour mieux orienter les investissements et les priorité nationales.
L’objectif affiché lors de cet atelier de haut niveau est d’harmoniser les interventions et accélérer l’accès à des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène plus durables et équitables.
« Le gouvernement place l’approvisionnement en eau potable comme deuxième priorité nationale », a rappelé la ministre Minosoa Elia Razafindrianiaina. Pour elle, les données statistiques constituent désormais un levier essentiel pour améliorer l’efficacité des décisions publiques dans le secteur WASH.
Mais au-delà des engagements institutionnels, le défi reste immense. Malgré un budget annuel estimé à 200 millions de dollars pour le secteur de l’eau, les besoins dépassent encore largement les moyens disponibles. Cet atelier aura ainsi mis en évidence une urgence : transformer les stratégies et les chiffres en réalisations concrètes capables de changer durablement le quotidien des ménages malgaches.
Fahranarison




