A la Pureplay Football League (PFL), le quart de finale mettant aux prises le CFFA Andoharanofotsy et le Cosfa Football, est devenu un cas d’école d’une gestion chaotique d’un tournoi majeur. La loi en vigueur de la Fifa se heurte aux réalités du terrain malgache. Cette phase finale en aller simple prévue hier n’a finalement pas eu lieu. Les militaires ont contesté la décision de l’arbitre de reprendre le match sur le penalty accordé au CFFA.
Alors que les autres quarts de finale se disputent en matchs aller-retour, ce n’est pas le cas dans ce duel fratricide Analamanga. Par la force des événements, les deux équipes n’ont droit qu’à une seule rencontre décisive. Une décision exceptionnelle qui en dit long sur l’instabilité ambiante.
Hier matin, au Elgeco Plus Stadium, le scénario semblait pourtant écrit. Les deux formations étaient présentes, échauffées, concentrées, prêtes à reprendre la partie interrompue dimanche dernier. Mais au moment du coup d’envoi, l’arbitre a rappelé les consignes du CFEM : reprise directe par le penalty accordé au CFFA.
La réaction du Cosfa fut immédiate et sans équivoque : refus catégorique de jouer. Pour les militaires, la neutralité des officiels n’était plus qu’un lointain souvenir. Les accusations de partialité, voire de corruption, ont transformé le stade en véritable théâtre de tensions.
La suite a viré au grotesque lorsque les forces de l’ordre ont fait irruption, prêtes à interpeller l’homme en noir déjà cloué au pilori par une partie des acteurs. Après de longues palabres, un compromis de dernière minute a été arraché : le quart de finale sera rejoué en un seul match le 3 juin prochain à 14h00 sur le même terrain neutre du By-pass (sous réserve de disponibilité).
En cas d’égalité, place à la prolongation de deux fois 15 minutes puis tirs au but, conformément au règlement Fifa. Les sanctions liées au match interrompu ont été purement et simplement annulées par accord commun. Une nouvelle équipe arbitrale sera désignée. Ouf de soulagement pour l’organisation, mais le mal est fait.
Ce psychodrame soulève une question fondamentale : où s’arrête l’application stricte de la loi du jeu et où commence la gestion politique des susceptibilités locales ?
Soupçon de corruption !
La Fifa est claire sur ce point. L’article 5 des Lois du Jeu insiste sur l’intégrité et l’impartialité des arbitres. Tout soupçon de corruption ou même d’apparence de partialité doit être traité avec la plus grande sévérité pour préserver la crédibilité de la compétition. Or, à Madagascar, ces suspicions récurrentes empoisonnent le football d’élite depuis des années. Le Cosfa n’est pas le premier club à contester « l’arbitrage maison » dans un derby Analamanga. Le CFFA, de son côté, se sent lésé par ce report qui vient perturber sa dynamique.
Ce blocage met en lumière les limites du CFEM dans la gestion des crises. En optant pour un match unique sur terrain neutre et une nouvelle désignation arbitrale, l’instance tente de sauver les meubles. Mais ce choix, aussi pragmatique soit-il, risque de créer un précédent dangereux. Tout club mécontent pourra-t-il bloquer une rencontre en brandissant la carte de la non-neutralité ?
Le football malgache, déjà fragilisé par des infrastructures précaires et un manque criant de professionnalisme, ne peut se permettre de voir ses compétitions transformées en bras de fer permanents.
Naisa




