Après la concertation nationale, il est certain que Madagascar va s’engager dans un cycle d’élections. Dans ce contexte, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) se fixe comme objectif une amélioration du système électoral malgache qui, il faut le reconnaître, a toujours été pointé du doigt.
En effet, les différents scrutins qui ont eu lieu auparavant ont souffert dans leur crédibilité. Quant à la transparence du processus électoral, on peut dire que c’était le dernier des soucis des organisateurs. Pour ces derniers, seul comptait que le scrutin se soit tenu comme prévu. Qu’importent les résultats.
Et pour donner un semblant de crédibilité à ces scrutins, on ne se gêne pas pour gonfler le nombre d’électeurs par n’importe quels moyens. De nombreuses techniques ont été appliquées. Mais en fait, dans le temps, on peut croire que le nombre de votants n’a cessé de diminuer à causes de diverses frustrations.
C’est une bonne chose que la Ceni se soucie d’améliorer le système électoral malgache. Toutefois, cela ne peut pas se faire sans rien. Particulièrement, ces efforts d’amélioration nécessiteront des moyens conséquents. D’où la problématique du financement du processus électoral.
Bien sûr, on sait trop bien que les élections coûtent chères. Pour y faire face, le Président de la Ceni a lancé un appel à l’endroit de la communauté internationale. Mais tout de même, est-ce une raison valable pour aller quémander une aide financière auprès des partenaires techniques et financiers ?
C’est tout de même une question de fierté nationale. Ne peut-on pas restreindre un tant soit peu les dépenses au niveau de certaines institutions pour financer ces élections ? On peut toujours effectuer des coupes sombres sur certains budgets non prioritaires pour réaliser par nos propres moyens ces scrutins.
En effet, il est quand même incongru de constater que l’élection de nos dirigeants se soient effectuée grâce à des mannes étrangères. Dans ces conditions, comment peut-on croire que celui ou ceux qui seront élus n’éprouveront pas la moindre gratitude envers ceux qui ont financé le scrutin ?
Et quand on avance également qu’il n’est pas acceptable que certains partenaires émettent des réserves ou des critiques après les scrutins alors qu’aucune aide n’aurait été accordée de leur part pour en garantir le bon déroulement. Est-ce dire que les aides extérieures conditionnent le bon déroulement des scrutins ?
Dans le même ordre d’idée, suivant le raisonnement du président de la Ceni, on croit comprendre que seuls ceux qui ont fourni des aides peuvent se permettre d’émettre des critiques sur le bon déroulement ou non des scrutins. Autrement dit, il faut passer à la caisse pour avoir le droit de critiquer. C’est du chantage !
Ranaivo Lala Honoré




