La présidence nationale du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) pour le mandat 2026–2028 est assurée par Ingrid Genillon et Titi Rafidimanana. À Antananarivo, la section est dirigée par Mathilde Benramdane, présidente de section, aux côtés de Zakhari Rakotoarivony, vice-président. Placée sous le slogan “soutenir la solidarité dans la vulnérabilité”, cette nouvelle équipe entend renforcer le partage d’expériences entre pairs et intensifier les échanges au sein du réseau. Lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 10 juin, les responsables ont partagé leur analyse des défis auxquels font face les jeunes dirigeants aujourd’hui, tout en mettant en avant les avantages d’intégrer un réseau comme le CJD : sortir de la solitude entrepreneuriale et bénéficier de l’expérience collective. Le Centre des Jeunes Dirigeants, fondé en France en 1938 et présent à Madagascar depuis 2013, a pour ambition de mettre l’économie au service du vivant. Il accompagne les entrepreneurs à travers le partage d’idées, des formations, des échanges de compétences, ainsi que le développement de forums régionaux et de partenariats stratégiques avec des institutions économiques nationales telles que le Groupement des entreprises de Madagascar(GEM) et la Chambre de commerce et de l’industrie (CCI).
Qu’est-ce qui manque le plus aux jeunes entrepreneurs pour réussir et développer leur activité ?
Ingrid Genillon, présidente nationale du CJD
Je pourrais vous dire que ce qui m’a le plus manqué lorsque j’ai démarré à 27 ans, alors que j’étais déjà dirigeante, c’était ce qui manque souvent à tous les dirigeants : l’expérience, la compréhension, les bonnes pratiques et les outils qui permettent de gagner du temps, d’avancer plus vite et de mieux piloter son entreprise pour en faire une véritable success story. L’avantage du CJD, c’est qu’au cours des événements et des échanges entre dirigeants, nous avons l’opportunité de discuter avec des personnes plus expérimentées, mais aussi avec des entrepreneurs exerçant des métiers similaires ou totalement différents. Je trouve que cela permet de gagner un temps précieux, car nous partageons nos expériences, nous nous enrichissons mutuellement et nous acquérons beaucoup plus rapidement les connaissances et les réflexes nécessaires pour progresser. Je pense que, de manière générale, ce qui manque souvent à un jeune dirigeant, ce sont les bonnes pratiques, les conseils et les outils qui lui permettront de devenir rapidement un meilleur leader, plutôt que d’acquérir ces apprentissages seulement après des décennies d’expérience.
J’aimerais également ajouter un point qui n’est pas forcément un manque, mais que je considère comme essentiel et qui nous rassemble aussi au sein du CJD : la solidarité et l’importance de savoir bien s’entourer. Il est important d’être entouré de personnes qui partagent les mêmes valeurs ou qui adhèrent à votre vision en tant qu’entrepreneur. Parfois, nous pouvons être limités par notre environnement proche : une famille qui ne nous soutient pas toujours, des amis qui ne comprennent pas forcément ce que nous faisons ou les sacrifices que cela implique. C’est pourquoi je pense qu’il est important de se rapprocher de mouvements et de personnes qui comprennent réellement notre démarche et nos ambitions. Au final, c’est ce qui permet de tenir sur la durée. Savoir où l’on va, être convaincu du sens de ce que l’on fait et pouvoir compter sur des personnes qui partagent cette vision et nous soutiennent est un véritable moteur pour avancer et persévérer.
Quel message donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs face aux défis économiques actuels ?
Ingrid Genillon, présidente nationale du CJD
Il y a tout ce qui est lié à l’intelligence artificielle et au développement de ces nouveaux outils, qui peuvent représenter à la fois une opportunité et un défi pour les jeunes dirigeants, mais aussi pour l’ensemble des entrepreneurs à Madagascar et dans le monde. Pour ma part, le message positif que j’aimerais faire passer est le suivant : nous avons ici une formidable capacité d’agilité et de résilience. C’est quelque chose que je constate au quotidien au sein de mon équipe. Nous faisons face à de nombreuses difficultés, mais nous continuons à avancer, à chercher des solutions, à réfléchir différemment et à nous adapter.
Au sein du CJD, cette agilité fait partie de nos valeurs fondamentales. Nous avons la capacité de nous remettre en question, de faire évoluer nos entreprises et d’explorer des approches différentes de celles qui ont toujours été appliquées. Nous acceptons de revisiter nos modèles économiques, d’expérimenter de nouvelles idées et d’oser sortir des sentiers battus. Cela peut se traduire par des initiatives concrètes, comme l’inclusion des personnes en situation de handicap dans nos entreprises. Nous sommes constamment à la recherche de nouvelles solutions et de nouvelles façons de créer de la valeur. Je pense que cette créativité, cette ouverture d’esprit et cette capacité d’innovation constituent de véritables forces. Ce sont des atouts qui nous permettront non seulement de relever les défis de demain, mais aussi de construire des entreprises plus performantes, plus inclusives et plus durables.
Quelle est l’importance d’intégrer un réseau comme le CJD ?
Zakhari Rakotonirainy, vice-président de la section d’Antananarivo
À mon avis, même si je suis encore un jeune dirigeant, il ne faut surtout pas oublier nos aînés et toute l’expérience qu’ils ont accumulée au fil des années. Certes, les nouvelles générations maîtrisent souvent davantage les technologies émergentes, mais l’expérience, le recul et la sagesse des dirigeants plus expérimentés restent des ressources précieuses. Je pense que la force du CJD réside justement dans cette rencontre entre les générations : des entrepreneurs expérimentés et de jeunes dirigeants qui apprennent les uns des autres. Tous les échanges que nous avons au sein du mouvement nous permettent de progresser plus rapidement, aussi bien individuellement que collectivement, et de contribuer au développement de notre société.
C’est pourquoi j’encourage les jeunes à continuer à échanger avec leurs aînés, mais aussi avec leur entourage professionnel de manière plus générale. C’est dans ces discussions que naissent les idées, que se trouvent les solutions et que l’on réalise que d’autres personnes rencontrent souvent les mêmes difficultés que nous. Lorsque l’on reste isolé, on a parfois l’impression d’être seul face à ses problèmes. À l’inverse, le dialogue permet de gagner du temps, de bénéficier de l’expérience des autres et de trouver des pistes d’action auxquelles on n’aurait pas pensé seul.
Au fond, l’objectif n’est pas simplement de diriger une entreprise pour soi-même, mais de la diriger autrement, au bénéfice des femmes et des hommes qui y travaillent, et plus largement au service de la société.
Propos recueillis par
Nambinina Jaozara




