Classée comme personne défavorisée en 2020 dans son quartier d’Ankazotoho Anosimahavelona, dans le 4e arrondissement de la capitale, Richardine Ravololonirina est actuellement à la tête de sa propre entreprise de sous-traitance, employant jusqu’à une trentaine d’employées dans la fabrication de produits obtenus à partir de tissage du raphia. Interview.
* Les Nouvelles : Comment êtes-vous devenue bénéficiaire de filets de sociaux ?
– Richardine Ravololonirina : J’ai été proposée par le comité de recrutement des personnes défavorisées de mon quartier, et mon dossier a été par la suite pris en considération par le Fonds d’intervention pour le développement (Fid) en charge du transfert monétaire « Tosika Fameno » qui a décidé de l’en octroyer en 2020.
* Quel était votre situation sociale à ce moment-là ?
– Avec cinq enfants en charge, nous n’arrivions pratiquement pas à joindre les deux bouts avec le salaire de mon mari en 2020, notamment pour les frais de scolarité de nos enfants. Je faisais du tissage de raphia à l’époque, ne serait-ce que pour arrondir un tant soit peu notre budget. Mais comme c’était en pleine période de Covid-19, je peinais à trouver preneur à mes produits, et si j’en trouvais un, c’était déjà mieux…
* Comment avez-vous utilisé l’argent reçu à travers ce transfert monétaire ?
– Uniquement à combler les écolages de mes enfants. Ce n’était que plus tard, en 2024, avec le filet de sécurité « Ankohonana Miarina », que j’ai commencé réellement à faire du tissage de raphia, une source de revenu familial. Cela a marché, après que j’aie reçu des formations de base de gestion et de comptabilité dispensées par les Accompagnateurs spécialisés (AS) du Fid.
* C’est-à-dire ?
– Comme on m’a enseigné à faire de la vente en ligne sur Facebook ainsi que l’art de communiquer pour chercher et convaincre d’éventuels clients à acheter mes produits, j’ai commencé à recevoir des commandes. Entre-temps, j’ai bénéficié de formations de perfectionnement auprès du Centre national de l’artisanat Malagasy (Cenam), grâce toujours au Fid, et depuis, mon entreprise a connu un véritable essor. Grâce à ce perfectionnement, j’ai pu participer à un concours d’entrepreneuriat organisé par l’entreprise « Mirantsoa » au début de cette année, à l’issue duquel j’ai réussi à décrocher une subvention de 5 millions d’ariary, afin de concrétiser mon projet d’extension d’activités.
* Qu’êtes-vous devenue actuellement ?
– Je travaille avec plus d’une trentaine d’employées dont l’effectif varie selon l’importance des commandes. Des employées bénéficiaires de filets sociaux de mon quartier que j’ai formées sur l’art du tissage du raphia. Nous effectuons des activités de sous-traitance à travers la fabrication de produits d’artisanat à base de raphia, tels des tapis, des corbeilles de rangement, des abat-jours, des sacs de dames, des chapeaux ou encore des revêtements muraux. Dans ma perspective, je pense me lancer sous peu dans l’exportation de mes produits.
Propos recueillis par Sera R.




