Ancien directeur général du Samifin, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a reçu hier à Mahazoarivo, la délégation de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), chargée de la deuxième phase de suivi et d’évaluation de Madagascar sur la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies contre la corruption, qui débute ce jour à Ivandry sous l’œil des experts du Djibouti et de la Tanzanie.
Le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, n’est pas un simple responsable politique chargé de porter un discours anticorruption. Avant son arrivée à la Primature, il a dirigé le Samifin, le Service de renseignements financiers, structure au cœur de la lutte contre le blanchiment de capitaux, les flux financiers illicites et le financement du terrorisme à Madagascar. Et en tant qu’ancien patron du renseignement financier, il en connait un rayon en la matière notamment sur la prévention de la corruption et le recouvrement des avoirs illicites.
Lors de la rencontre avec les évaluateurs de l’ONUDC, le Premier ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement dans la lutte contre la corruption. Il a également évoqué les efforts entrepris pour faire avancer les réformes législatives auprès du Parlement, permettant aussi d’évaluer les actions menées sur le terrain politique. Il ne suffit plus d’identifier les failles du système, mais de faire adopter les textes et les mécanismes capables de produire des résultats probants.
A la tête du Samifin, Mamitiana Rajaonarison avait pour mission principale d’analyser les flux suspects, produire du renseignement financier et de détecter des circuits illicites. A Mahazoarivo, il doit désormais coordonner l’action gouvernementale, mobiliser les institutions, convaincre les parlementaires et traduire de manière concrète les engagements pris par Madagascar devant ses partenaires internationaux.
Le profil du Premier ministre constitue donc à la fois un atout et une exigence. Atout, parce qu’il connaît les rouages de la lutte contre la criminalité financière et les exigences des standards internationaux. Exigence, parce que cette expérience multiplie les attentes. Les citoyens, les institutions de contrôle, la société civile et les partenaires internationaux n’attendent rien de moins que le renforcement des lois, l’identification et la récupération des avoirs illicites, l’accélération des procédures, l’effectivité des sanctions et une meilleure coordination entre les organes du système anticorruption malgache.
Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison fait face à une équation délicate, à savoir transformer l’expertise qu’il a acquise dans le renseignement financier en décisions gouvernementales, en réformes applicables et en résultats concrets.
Cette évaluation internationale ne sera donc pas seulement un exercice administratif. Elle constitue un test de cohérence entre le parcours du Premier ministre et l’action de son gouvernement. Pour l’ancien directeur général du Samifin, le défi consiste désormais à prouver que l’expérience dans la traque des flux financiers illicites peut devenir un levier de gouvernance au sommet de l’Etat.
Tivo Rasam




