Cuisson propre d’ici 2030: Madagascar veut améliorer son taux d’adoption de 14% à 50%

Réduire la déforestation, protéger la santé des ménages et accélérer la transition énergétique. Tels sont les objectifs de la nouvelle Lettre de Politique de développement de la Cuisson propre, financée à hauteur de 35 millions de dollars

Madagascar franchit une nouvelle étape dans sa transition énergétique. Le ministère de l’Energie et des hydrocarbures (MEH), avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et de ses partenaires, a officiellement lancé hier au Radisson Blu à Ambodivona, la Lettre de Politique de développement de la Cuisson propre. Adopté en Conseil des ministres le 7 avril, ce document fixe le cap de la transition vers des modes de cuisson plus propres, sûrs et accessibles.
L’ambition est de porter le taux d’utilisation de cuisson propre à 50% d’ici 2030, actuellement à 14%. Pour y parvenir, le gouvernement entend mobiliser les administrations, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et les populations, notamment en milieu rural où le bois de chauffe et le charbon restent les principales sources d’énergie.

Une urgence environnementale et sanitaire

Pour les autorités, la situation est préoccupante. La consommation de bois-énergie accélère la disparition des forêts, tandis que les fumées des foyers traditionnels provoquent de nombreuses maladies respiratoires. A cela s’ajoutent le temps consacré à la collecte du bois et la hausse continue du prix du charbon de bois, qui pèsent sur les ménages.
« Cette Lettre de politique marque une étape historique pour la transition énergétique de Madagascar », a déclaré le ministre de l’Energie et des hydrocarbures, Radonirina Lucas Rabearimanga.
Parmi les stratégies ado­ptées, le développement du GPL, du biogaz, du bioéthanol, des combustibles alternatifs, de la cuisson électrique et des foyers améliorés.
Un premier financement de 35 millions de dollars permettra d’appuyer ces filières et de renforcer les infrastructures liées au GPL, notamment les centres de remplissage, les capacités de stockage et la disponibilité des bouteilles. D’autres ressources seront mobilisées par les partenaires et l’Etat pour atteindre les objectifs fixés.
Pour le Pnud, cette transition devra se traduire par des résultats concrets : des ménages mieux protégés, des forêts préservées, des investissements renforcés et des emplois verts.

Sera R.

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