Frais informels…

A l’approche de la prochaine rentrée scolaire, la question de la gratuité scolaire, garantie par les textes, revient au centre des débats. En effet, pour de nombreuses familles, envoyer un enfant à l’école reste coûteux. Aux fournitures, au transport ou à l’hébergement s’ajoutent parfois des frais informels réclamés dans des établissements. Modestes en apparence, ces sommes peuvent devenir un obstacle pour les ménages vulnérables.
Certaines écoles publiques demandent des contributions pour couvrir des besoins urgents ou compenser le retard des financements publics, comme le souligne Transparency International Initiative Madagascar. Les parents se retrouvent alors face à un choix injuste : payer ou risquer de compromettre la scolarité de leur enfant. Il serait cependant trop facile de désigner uniquement les directeurs d’école ou les enseignants comme responsables. Lorsque les établissements manquent de moyens, de matériels ou lorsque les mécanismes de suivi restent insuffisants, tout le système favorise les pratiques informelles. Le manque de moyens n’excuse pas les irrégularités, mais il contribue à les installer.
Le danger vient surtout de leur banalisation. Une petite somme répétée plusieurs fois dans l’année, puis multipliée par le nombre d’enfants, devient une lourde charge. Pour certaines familles, elle peut entraîner des absences, des retards d’inscription ou même l’abandon scolaire.
La gratuité ne doit donc pas être jugée à partir des seuls discours officiels, mais selon ce que les parents paient réellement. Une école dite gratuite, mais qui impose des contributions opaques, ne remplit pas sa mission de service public.
La réponse ne peut pas se limiter à l’interdiction. Elle doit aussi passer par les financements, la publication des sommes allouées à chaque établissement, le contrôle de leur utilisation et la mise en place de mécanismes accessibles permettant aux parents de signaler les abus sans crainte de représailles. Défendre l’école gratuite, c’est refuser que l’argent devienne un filtre à l’entrée des classes.

Tivo Rasam

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