Les fausses informations constituent une menace sérieuse pour la stabilité du pays. Diffusées rapidement sur les réseaux sociaux, elles peuvent provoquer la peur, nourrir la méfiance et fragiliser la cohésion nationale. L’appel lancé aux Malgaches pour qu’ils vérifient les informations avant de les partager est donc légitime. Mais cette mise en garde ne suffit pas.
Une rumeur ne se développe jamais totalement dans le vide. Elle enfle et se propage lorsque les citoyens manquent d’informations fiables, lorsque les réponses officielles arrivent tardivement ou lorsque des questions restent sans réponse concrète. En matière de sécurité, les discours rassurants atteignent rapidement leurs limites face à la peur grandissante qui s’installe dans les foyers et gagne même les Malgaches vivant à l’étranger.
Le témoignage d’un ressortissant malgache en Egypte, qui envisageait de retourner au pays mais ne cache pas sa crainte face à l’insécurité, mérite d’être entendu au-delà de sa dimension émotionnelle. Il traduit une inquiétude réelle. Et celle-ci ne peut pas être automatiquement réduite à une manipulation organisée sur les réseaux sociaux.
Toutes les publications alarmantes ne sont évidemment pas exactes. Certaines exagèrent les faits, déforment la réalité ou cherchent volontairement à semer la panique. Toutefois, toute critique, tout témoignage ou toute alerte ne constitue pas nécessairement une fausse information. Confondre ces différentes formes d’expression risquerait d’affaiblir davantage la confiance entre les institutions et la population.
La meilleure réponse à la désinformation reste une information officielle rapide, précise et vérifiable. Quand les autorités publient des données claires, reconnaissent les difficultés et expliquent les solutions engagées, elles réduisent l’espace disponible pour les rumeurs. A l’inverse, les déclarations trop générales peuvent renforcer les interrogations qu’elles cherchent à apaiser.
La lutte contre les fausses informations doit donc aller de pair avec une lutte visible contre les causes de l’inquiétude. Les citoyens doivent constater que leurs préoccupations sont prises au sérieux.
Tivo Rasam




