Revue de l’exécution budgétaire : Coup d’accélérateur pour les investissements publics

Après six années d’interruption, le Gouvernement a relancé la revue semestrielle de l’exécution budgétaire de l’État, hier au Centre de conférences international (CCI) d’Ivato. Cet exercice mesure les résultats du premier semestre, identifie les blocages et défini les priorités des six prochains mois. Au cœur des ambitions, les Programmes d’investissement public (Pip) dont le taux est encore faible, restent une priorité absolue pour le gouvernement.

Selon le rapport présenté, «les investissements financés sur ressources internes affichent un taux d’exécution de 24,84 %, soit 503,22 milliards d’ariary réalisés sur 2.026,09 mil­liards programmés».
Dans le domaine des in­frastructures, ce taux atteint 32,41 %, représentant 397,58 milliards d’ariary sur 1.226,63 milliards engagés. Pour les projets sur financements extérieurs, le taux d’investissement s’établit à 8,84 %, soit 608,53 milliards d’ariary sur 6.875,87 milliards, en progression par rapport aux années précédentes. Les in­vestissements extérieurs dé­diés aux infrastructures atteignent 17,47 %, correspondant à 571,47 milliards d’ariary sur 3.270,96 milliards.
Pour le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, «même si le taux d’exécution des Pip demeure encore faible, des réalisations concrètes ont déjà été enregistrées. Il convient désormais de revoir les méthodes de travail, d’identifier les obstacles et d’analyser les retards qui freinent l’exécution des projets afin d’obtenir des résultats plus tangibles». Il a surtout appelé à renforcer «la transparence et l’efficacité de la politique de dépenses publiques».

Focus sur les infrastructures
Le chef du Gouverne­ment estime que les infrastructures constituent un moteur essentiel de développement et d’employabilité. Routes, écoles, centres de santé, réseaux d’électricité, accès à l’eau potable et services numériques créent des emplois pendant leur réalisation, tout en améliorant durablement les conditions d’activité des entreprises et des producteurs. Il souligne que le nombre d’infrastructures déjà réalisé dépasse celui des gouvernements précédents, mais affirme qu’une exécution complète des Pip transformerait profondément le pays.
Pour sa part, le ministre de l’Économie et des Fi­nances, Herinjatovo Aimé Ramiarison, a rappelé que cette revue constitue «un cadre stratégique de suivi et de décision».
Selon ses explications, les procédures d’indemnisation des personnes touchées par les grands projets, ralentissent souvent les investissements, notamment dans les infrastructures. «Le mauvais état des routes entraîne une perte d’environ 2 % du Pib chaque année, alors que des routes en bon état peuvent accroître jusqu’à 40 % les capacités de production des producteurs», a-t-il souligné.

Mesures correctives
Le Chef du gouvernement a en outre dénoncé la lourdeur des procédures administratives et la multiplication des contrôles dans les marchés publics, qui retardent les chantiers. «Ne volons pas l’argent de l’État. Il suffit d’un simple changement dans notre mentalité et c’est Madagascar qui changera», a-t-il lancé.
Il appelle les responsables publics à privilégier les résultats, à lever rapidement les blocages, à simplifier les procédures et à appliquer des sanctions contre la corruption, les détournements, les vols et les négligences.
Le Grand argentier a rappelé, pour sa part, que «les dépenses de fonctionnement permettent à l’administration d’assurer ses missions quotidiennes, mais ce sont les investissements qui préparent l’avenir du pays et apportent des réponses du­rables aux besoins de la po­pulation».
Au terme de cette revue, chaque ministère devra proposer des mesures correctives, avec un calendrier précis et des résultats attendus. L’objectif affiché est d’accélérer les investissements pu­blics, d’améliorer leur exécution au second semestre et de faire des Pip un véritable moteur de croissance, d’infrastructures modernes et d’emplois durables pour les jeunes Malgaches.

Arh.

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