S&P Global Ratings – Dettes de l’Etat : Madagascar conserve des marges de résilience

Après avoir publié un rapport d’évaluation des dettes de l’Etat malgache, au mois de janvier, dans lequel Madagascar n’est plus placé « sous surveillance négative », l’agence S&P Global Ratings vient d’actualiser le 27 juillet, son compte rendu analytique face à l’évolution de la situation à Madagascar, tout en maintenant la note souveraine de la Grande île à « B- », avec des perspectives stables et des marges de résilience qui s’améliorent.

Cette note à « B- », con­cerne aussi bien les dettes en monnaies étrangères que celles en monnaie locale. A ce sujet, estimées à 40,2 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2026, les dettes publiques sont soutenables, maitrisées et pourraient atteindre 44,2% du Pib en 2029, selon l’agence S&P Global Ratings. Et depuis 2020, les subventions à la Jirama ont représenté en moyenne 1,3 % du Pib.
En matière de déficit public, il devrait diminuer progressivement jusqu’à 4% en 2029. En 2025, ce déficit budgétaire ressortait à 2,6% du Pib. Et d’après la prévision du S&P Global Ratings, le déficit public s’établirait à 4,7% du Pib cette année. Ce creusement résulte d’une hausse de dépenses liées aux projets de reconstruction, de subventions de carburants et aux contraintes sur les recettes, tout en tenant compte des contraintes budgétaires.
Dans le même registre, l’agence S&P Global Ratings a rapporté que la croissance économique de Madagascar a ralenti en 2025 pour se situer à 3%, après avoir atteint 4,3 en 2004. Et d’après ses prévisions, cette croissance économique devrait s’établir à 3,1% cette année, 3,8 % en 2027, 4 % en 2028 et à 4,2 % en 2029. Et pour cause, la baisse des exportations de vanille, de nickel et de café, le fait que les investissements étrangers demeurent faibles et les retards pris dans la réalisation des projets financés par les partenaires sans oublier le contexte politique défavorable aux investissements.

Inflation et politique monétaire
Le taux d’inflation et la politique monétaire ont également été pris en compte par l’agence S&P Global Ratings, dans son évaluation. Sur ce point, la Banque centrale a con­tribué à stabiliser l’ariary, tout en maintenant une politique monétaire stricte, avec des interventions ciblées sur le marché des changes. Cette année, l’inflation est prévue à 8,4 % en 2026, avant retour prog­­ressif à 5% attendu en 2029.

Marges de résilience
Et malgré les défis et contraintes dans la gestion des dettes publiques, l’agence S&P Global Ratings estime que Madagascar conserve des marges de résilience, notamment dans les filières riz, mais et manioc. Et les perspectives sont stables avec une hausse attendue de la demande mondiale de nickel, un minerai essentiel à de nombreuses batteries pour véhicules électriques. L’Etat compte aussi accélérer les investissements dans les infrastructures de transport et d’énergie (Projets hydroélectriques, solaires et thermiques).
Parmi les principaux facteurs de résilience, le niveau des réserves de change, est satisfaisant. L’appui de nombreux partenaires internationaux est maintenu avec un engagement renouvelé des bailleurs de fonds. La structure de la dette publique est jugée favorable. Les réserves internationales sont supérieures à six mois d’importations à la fin de 2025. Et la dette à longue maturité est largement concessionnelle et assortie d’une charge d’intérêt relativement faible.
S&P considère que Madagascar conserve des marges de résilience grâce à ses réserves extérieures, à l’appui des partenaires et à une dette encore maîtrisée.

Des reformes énergétiques
Toutefois, l’amélioration durable de la situation ne dépendra pas seulement de la stabilité politique et de la maîtrise des déficits publics, mais également l’efficacité des réformes et le redressement du secteur énergétique.
Dans ce cadre, l’Etat a déjà engagé des efforts avec la levée effective du gel des permis miniers, après 16 ans de suspension et la mise en place d’un régime clarifié. Du coup, plus de 1 600 demandes devraient être réexaminées, a rapporté l’agence S&P Global Ratings qui prévoit un taux de redevance minière à 5%, constituant la meilleure garantie de stabilité pour les investisseurs.
Dans le domaine de l’énergie, cette agence a souligné que les nouveaux projets pourraient plus que doubler la capacité de production énergétique de Madagascar en trois à quatre ans, dépendant fortement aux importations de produits pétroliers. Sous cette optique, la biomasse représente près de 80 % du bouquet énergétique. Et k’hydroélectricité fournit environ 45 % de la production électrique.

Risques de dégradation
Dans son rapport, l’agence S&P Global Ratings n’a pas de manquer de soulever les risques de dégradation de la situation, face aux incertitudes politiques, pressions budgétaires, la vulnérabilité aux risques climatiques, la dépendance aux importations alimentaires et énergétiques… Les difficultés des entreprises publiques, notamment la Jirama, constituent aussi un risque de dégradation ainsi que les tensions de liquidité en cas de détérioration de la situation.

Reccueillis par Rakoto

Partager sur: