Depuis les événements de septembre dernier, il y a la solide conviction que les jeunes doivent désormais occuper une place centrale dans la construction de l’avenir du pays. Longtemps considérés comme de simples spectateurs, ils sont aujourd’hui invités à participer aux grandes réflexions nationales. C’est une avancée qu’il faut saluer.
La concertation nationale de la jeunesse, organisée au CCI Ivato, s’inscrit précisément dans cette volonté de redonner la parole à une génération souvent tenue à l’écart des décisions. Les tensions observées dès les premières heures des travaux, lorsque les organisateurs ont tenté de limiter les prises de parole des représentants régionaux, montrent d’ailleurs que les jeunes ne sont pas là pour faire de la figuration. Ils veulent être écoutés, et surtout respectés. Sur ce point, leur réaction était parfaitement légitime.
Le débat qui a animé la salle autour du choix entre État unitaire, État fédéral ou État régionalisé illustre en tout cas une autre réalité. Le résultat, presque à égalité entre les deux premières options, témoigne moins d’un choix réfléchi que d’un profond malaise territorial. Pour autant, choisir la forme de l’État ne relève pas d’un simple vote d’opinion. C’est une décision qui engage plusieurs générations. Elle touche à l’unité nationale, à la souveraineté, à l’organisation des pouvoirs publics et même aux relations internationales.
Cela ne signifie pas que les jeunes n’ont pas leur mot à dire. Bien au contraire. Leur rôle consiste à poser les bonnes questions, à exprimer les difficultés vécues sur le terrain, à rappeler les attentes des territoires et à pousser les décideurs à sortir des schémas traditionnels. La concertation de la jeunesse a servi de révélateur. Elle montre une jeunesse engagée, exigeante et prête à débattre. C’est une excellente nouvelle.
Rakoto




