Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) durcit sa politique monétaire. Son Comité monétaire, réuni hier, a décidé de relever le taux directeur de 12% à 12,50 %. La mesure prendra effet le 5 août. L’objectif est de ramener progressivement l’inflation vers 5 % à moyen terme et de préserver aussi la stabilité financière.
Cette décision intervient après une nouvelle accélération des prix. Selon les statistiques livrées par l’institution : “L’inflation annuelle atteint 8,6 % en juin, contre 6,8 % trois mois plus tôt. L’inflation sous-jacente grimpe à 11,4 % “. Ces chiffres traduisent des tensions persistantes sur les prix, malgré le léger recul du riz. Les produits énergétiques, eux, continuent d’augmenter.
Le Comité monétaire estime que le maintien du taux à 12 % a permis de limiter la hausse des prix, mais il juge désormais ce niveau “insuffisant”. Les conditions monétaires se sont assouplies au deuxième trimestre. Elles ne freinent plus assez les pressions inflationnistes.
BFM souligne aussi un contexte international défavorable. Les tensions au Moyen-Orient perturbent les chaînes d’approvisionnement. Elles alimentent la hausse des cours mondiaux. D’autres banques centrales ont également renforcé leur politique monétaire afin d’éviter une nouvelle poussée inflationniste.
Stabilité financière
Selon la BFM, « le relèvement du taux directeur à 12,50 % permettra d’atténuer l’accélération prévisionnelle des prix, de préserver la stabilité financière et d’ancrer fermement les anticipations d’inflation vers l’objectif de 5 % à moyen terme ».
L’institution note toutefois des signaux positifs. L’activité économique reprend progressivement. L’indicateur infra-annuel d’activité économique s’est redressé au deuxième trimestre. La croissance nationale reste attendue autour de 3 % en 2026. Cette reprise repose surtout sur le secteur des services.
Sur le marché des changes, l’ariary s’est apprécié face à l’euro et au dollar durant le premier semestre. Les réserves de change atteignent 3,76 milliards de dollars. Elles couvrent environ sept mois d’importations. La masse monétaire progresse néanmoins plus vite que prévu. Les crédits bancaires poursuivent aussi leur hausse.
BFM reste prudente pour les prochains mois. Les conflits internationaux, les coûts du transport maritime, les prix des matières premières et la hausse du salaire minimum pourraient entretenir les tensions inflationnistes.
L’institution affirme enfin qu’elle suivra de près l’évolution de la conjoncture. « Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour maintenir la stabilité macroéconomique et financière, indispensable à une croissance durable», conclut le Comité monétaire.
Arh.




