Traite des personnes: un réseau empoche 100 millions d’ariary par femme

La police a démantelé, la semaine passée, un réseau de traite des personnes. Un homme et trois femmes ont été placés sous mandat de dépôt à la maison centrale d’Antanimora, à l’issue de leur défèrement, lundi. La bande a déjà empoché plusieurs millions d’ariary, vu qu’avant son démantèlement, elle a réussi à « vendre » quelques femmes à raison de 100 millions d’ariary par victime.

Le fléau de traite des êtres humains n’est pas encore éradiqué à Madagascar. Les malfrats utilisent divers moyens pour parvenir à leurs fins. A ce titre, les éléments du Service chargé des enquêtes spéciales, de la lutte contre la fausse monnaie (ou contrefaçon/faux documents) et la traite des personnes (SCESLFD) Ivato a arrêté, jeudi, trois femmes à Avaradoha et un homme aux 67 Ha. Tous les suspects ont été placés en détention préventive à la maison centrale d’Antani­mora, lundi, en attendant leur procès.
Cette bande a une méthode et des cibles propres à elle en matière de traite des personnes. Elle cible uniquement les femmes, en particulier les jeunes, en proposant à chacune un mariage arrangé en Chine, pour un montant de 10 millions d’ariary, alors qu’elle empoche environ 100 millions d’ariary par femme. Une fois que la femme est convaincue, le réseau s’occupe des paperasses en vue de l’envoi de la concernée. Pour masquer l’objectif réel du déplacement de la femme en Chine, le réseau met, entre autres, à sa disposition des devises étrangères et un visa touristique conçu en Côte d’Ivoire.

Un autre réseau démantelé en 2025
Chaque femme est contrainte de signer un contrat de remboursement des frais de dossier au cas où elle s’enfuit une fois en Chine. En outre, le réseau conçoit de fausses copies d’acte de naissance aux moins de 23 ans. Autant dire que la femme sait très bien qu’elle allait se marier à un Chinois une fois sur place. Cependant, les témoignages de celles qui ont vécu ces mariages arrangés ont fait état de maltraitance et de sévices, soit d’actes de trahison. Les agissements du réseau ont été mis à nu à l’aéroport international d’Ivato, jeudi, grâce à la vigilance du SCESLFD.
La femme censée se rendre en Chine mais interceptée avant son embarquement, a dévoilé à la police que son voyage a été organisé par un réseau qui lui a promis 10 millions d’ariary une fois sur place et après le mariage. Et, lors de l’arrestation des quatre suspects, les policiers ont appris que le réseau était en train de préparer l’envoi d’autres femmes. Cinq cachets contrefaits, dix passeports malgaches et d’autres documents ont d’ailleurs été saisis durant cette opération policière.
Pour rappel, le 23 février 2025, huit Chinois et trois Malgaches ont déjà été arrêtés dans la région Atsinanana pour le même motif. A l’issue de leur comparution devant le parquet, le 6 mars de la même année, quatre ont été écroués à la maison de force de Tsiafahy et les sept autres, à Antanimora. Tout a commencé quand une femme de retour au pays, s’est plainte de la maltraitance qu’elle a subie en Chine. Elle avait pourtant quitté Madagascar pour un travail avec comme condition d’épouser un Chinois.

LR

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