Dans tous ses Etats !

La concertation nationale des jeunes, a relancé le débat sur la forme de l’Etat appropriée qui convient à Madagascar et va singulariser la 5e République. Au final, le choix entre Etat unitaire et Etat fédéral s’est imposé, parmi les sujets sensibles au menu, qui a alimenté un débat politique plus large sur l’avenir institutionnel de Madagascar. En fait, les prises de position en faveur de l’Etat unitaire ont provoqué une levée de boucliers chez les partisans des fédéralistes qui y voyaient une manœuvre politique pour préparer l’opinion publique au maintien d’un Etat unitaire, malgré les résultats jugés insuffisants des politiques conduites depuis l’Indépendance.
Pour certains participants et responsables politiques, le maintien de l’Etat unitaire reste nécessaire afin de préserver l’unité nationale et la cohérence de l’action publique. Par contre, d’autres considèrent que le fédéralisme permettrait de réduire la concentration du pouvoir à Antananarivo, de renforcer l’autonomie des territoires et de mieux répartir les ressources.
L’un des principaux arguments en faveur du fédéralisme, repose sur le bilan décevant du centralisme. Ses partisans estiment que plus de six décennies d’Etat unitaire n’ont pas permis de développer comme il se doit les districts et régions, ni de rapprocher suffisamment les centres de décision des citoyens. Il est temps de changer et d’accorder plus de pouvoir aux entités fédérées qui peuvent posséder leurs propres institutions politiques et administratives. Ce qui n’est pas le cas dans un Etat unitaire décentralisé où les collectivités exercent des responsabilités locales, mais l’Etat conserve une souveraineté institutionnelle unique.
Pour les fédéralistes, la décentralisation promise depuis longtemps, n’a jamais été pleinement effective. A leurs yeux, seule une garantie constitutionnelle forte permettrait d’empêcher le pouvoir central de reprendre les compétences accordées aux territoires. A suivre…

Rakoto

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