A l’épreuve du cartable

A quelques semaines de la rentrée, les cartables ne sont pas encore sur le dos des élèves qu’ils pèsent déjà lourd sur les épaules des parents. Cahiers, stylos, sacs, chaussures, uniformes, frais de scolarité, transport… septembre approche avec son habituelle addition. Mais cette année encore, cette addition arrive dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages est déjà fortement sollicité.
La rentrée des élèves des établissements scolaires publics est fixée au 7 septembre, après la rentrée administrative du 24 août et celle des enseignants du 31 août. Pour les familles, cependant, la rentrée commence bien avant cette date. Elle commence devant les étals, lorsqu’il faut comparer les prix, revoir la liste des achats et parfois décider de ce qui peut attendre.
En effet, le pouvoir d’achat se mesure aussi devant une liste de fournitures scolaires. Il se mesure à la capacité des parents à acheter ce dont leurs enfants ont besoin sans devoir rogner sur l’alimentation, reporter une facture ou s’endetter.
Or, la situation économique n’offre guère de répit. En effet, la loi de finances rectificative a ramené la prévision de croissance de 4,8 % à 3,8 % tandis que le Fonds monétaire international (FMI) évoque une inflation autour de 8,3 % pour l’ensemble de l’année 2026, avec des effets directs sur les dépenses essentielles des ménages.
Derrière ces chiffres, les parents se demandent s’il faut remplacer le cartable usé ou tenter de le faire durer encore une année, inscrire tous les enfants dans l’établissement souhaité ou rechercher une solution financièrement moins lourde…
Pourtant, lorsqu’une famille commence à économiser sur l’éducation de ses enfants pour préserver son budget alimentaire, le problème dépasse largement celui du prix des fournitures. Il touche à l’égalité des chances. Un enfant ne devrait pas commencer son année scolaire avec moins de moyens pédagogiques simplement parce que son foyer a été davantage frappé par la hausse du coût de la vie. Pourtant, les Malgaches en sont là.
Et, si le débat sur le pouvoir d’achat devient souvent une affaire de statistiques, la rentrée scolaire lui rend brutalement son visage humain.

Tivo Rasam

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