La disparition des deux jeunes filles disparues depuis vendredi dernier et retrouvées mortes dimanche à Ambohimanga Rova est l’un des derniers faits macabres qui marquent quotidiennement la vie à Madagascar. Personne ne peut nier que l’insécurité est grandissante dans le pays.
Aujourd’hui, on trouve à Madagascar les différents types d’actes de banditisme : Cambriolages, braquages, vols à la tire, …, réseaux de pédophiles, kidnappings suivi de sévices corporels, … . Et pour couronner le tout, le trafic de drogues dures gagne du terrain.
Ainsi, on ne parle plus seulement des razzias meurtrières des dahalo dans la partie Sud de Madagascar. Encore faut-il remarquer que les dahalo sévissent actuellement un peu partout. Tout dernièrement, c’est dans une des communes rurales d’Antsirabe que s’est déroulée une attaque des dahalo.
Donc, ce n’est pas très éloigné de la Capitale. Et les agresseurs ont opéré en utilisant des armes de guerre. Les douilles qu’on a retrouvées sur le lieu de l’attaque ayant coûté la vie à 3 villageois le prouvent. Autrement dit, ces bandits sont ravitaillés en armes et munitions. Par qui ? C’est une question qui mérite bien d’être creusée.
S’agit-il d’actes criminels programmés visant à déstabiliser le pouvoir en place comme certains les présument ? Cela pourrait être aussi le signe d’une incapacité de lutter contre l’insécurité ? Dans tous les cas, pour la population, la réponse a peu d’importance.
Ce qui compte pour elle, avant tout, c’est de vivre en pleine sécurité. Mais que l’on soit à la campagne ou en milieu urbain, le danger est partout. La situation fait que les parents sont obligés de garder leurs enfants cloitrés dans la maison par crainte de kidnapping. Et cela en pleine période de vacances !
Quoi qu’il en soit, la population commence à avoir ras-le-bol de cette situation. Et pour exprimer sa frustration, elle se défoule sur les rares bandits qui tombent entre leurs mains. D’où les nombreux cas de vindictes populaires qui ne peuvent qu’être qualifiées de justice sauvage.
En effet, il se peut que des innocents en soient victimes. Cette justice expéditive se fonde parfois sur de simples présomptions qui sont loin d’être fondées. Il peut s’agir de fausses délations qui n’ont pour objectif que d’assouvir une vengeance.
Mais quand la population est en furie, rien ne l’arrête et elle ne raisonne plus. Et même tous ceux qui tentent d’empêcher une injustice risquent d’être considérés comme des acolytes. Aussi préfère-t-on se taire. Tout cela est à mettre sur le compte de l’insécurité grandissante. Trop, c’est trop
Ranaivo Lala Honoré




