Plus on approche des échéances des futures élections, plus
les débats sur le choix d’un Etat fédéral ou d’un Etat centralisé deviendront plus animés. De toutes les façons, on ne peut pas ignorer l’existence de partisans pour chacune de forme d’Etat qu’on va mettre en place.
Loin de faire un choix a priori, on peut dire que le fédéralisme, en soi, n’a rien de mauvais. Effectivement, qui mieux que la population d’une région donnée sait comment elle doit être gouvernée, connait tous les potentiels qui existent et qui peuvent être exploités pour développer la région ?
De ce point de vue, le choix du fédéralisme se justifie pleinement quand on voit l’immense différence de développement entre les différentes régions de l’île après près de 70 ans d’indépendance. Pourtant, chaque région a sa potentialité spécifique qui aurait permis d’améliorer le développement de la région.
Cependant, pour une raison ou une autre, cette potentialité a été ignorée. A qui donner la faute ? A tous les dirigeants qui se sont succédé ainsi que tous les décideurs qui n’ont pas su réduire, autant que faire se peut, l’énorme disparité flagrante entre les régions en termes de développement ?
Par ailleurs, incontestablement, dans chaque région, il existait une élite intellectuelle qui, à dire vrai, n’accordait que peu d’importance à sa région d’origine. La raison est que l’accession à un haut poste de responsabilité au sein d’un département ministériel ou autre représentait l’objectif ultime.
Pour cette raison, un rôle essentiel dans les régions présentait peu d’intérêt pour cette élite. Pourtant, nul ne peut nier le rôle de premier plan que cette élite a à jouer dans les régions. Et c’est pourquoi, dans les régions, ce sont les clans régionaux qui prédominent.
Ces clans existent bel et bien En fait, comme ils contrôlent tout, évidemment ils prennent toutes les décisions qui ne servent pas toujours les intérêts de la population. Autrement, comment expliquer que ce soient toujours les mêmes familles, les mêmes noms, … qu’on trouve partout à tous les échelons du pouvoir régional.
Le fédéralisme est une opportunité pour ces clans, familles, groupes d’intérêts … de verrouiller leur influence au détriment de celle du pouvoir central. D’autant plus qu’on assistera certainement à une réduction du pouvoir d’ingérence du pouvoir central qui se trouvera ainsi affaibli.
Il est alors clair que le fédéralisme ne fera que perpétuer, voire renforcer la domination de ces clans au niveau de chaque région. Et comme toujours, les intérêts de la population ne seront pas pris en compte. Autrement dit, il est à craindre qu’on finisse par tomber de Charybde en Scylla.
Ranaivo Lala Honoré




