Les transporteurs desservant la Route nationale 7 ont finalement pris leurs quartiers dans la nouvelle gare routière d’Amoronakona. Tout le monde a pu constater que ce transfert a été précédé, pendant plusieurs jours, par des tensions
et des troubles, allant jusqu’à coûter la vie à un homme. Aujourd’hui, pourtant, c’est comme si rien ne s’était passé. Voyageurs comme transporteurs semblent découvrir les avantages de la nouvelle gare.
Certes, des problèmes subsistent, notamment les embouteillages et la situation de ceux qui ont perdu leur activité, comme certains commerçants qui exerçaient à la gare routière de Fasan’ny Karana. Mais la modernisation devait-elle pour autant être abandonnée ? Est-ce se montrer cynique que de reprendre cette vieille formule : « Il faut casser des œufs pour faire une omelette » ?
Car il faut aussi se souvenir de ce qu’était devenue la gare de Fasan’ny Karana : saleté, mauvaises odeurs, insécurité et désordre. C’était, à bien des égards, une véritable anarchie.
Fallait-il donc attendre qu’il y ait des morts ou des blessés pour accepter le changement ? Fallait-il systématiquement s’opposer à toute volonté de transformer les choses ?
C’est là toute la question de la résistance au changement. En termes simples, elle désigne l’ensemble des réactions individuelles ou collectives qui s’opposent, ralentissent ou empêchent une transformation ou une nouveauté. Cette résistance peut être nourrie par la peur de perdre certains avantages, par l’inquiétude face à l’inconnu ou encore par l’attachement à un passé auquel on s’est habitué.
Mais cette peur peut aussi être légitime dans certaines situations, notamment lorsque la préparation en amont n’a pas été suffisamment sérieuse. La question se pose notamment dans le domaine de l’éducation. Moderniser et suivre les évolutions du monde n’est pas mauvais en soi. Encore faut-il se demander si nous sommes réellement prêts, sur tous les plans, à mettre en œuvre ces changements.
Certains établissements se sont préparés à l’avance, tandis que d’autres commencent seulement à former leurs enseignants. Le temps accordé est-il suffisant ? Chacun est appelé à y réfléchir et à apporter sa propre réponse.
Après tout, aucun changement n’est facile à accepter. Mais une fois le principe convenu, il faut bien aller jusqu’au bout. Et si le changement était justement l’objectif de toutes les luttes engagées jusqu’ici ?
Mparany




