Selon le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, un centre de production de semences de riz hybride va être implanté à Madagascar en coopération avec
la Chine. Madagascar pourra ainsi produire localement les semences de riz hybride au lieu de dépendre des importations.
Voilà déjà un problème de résolu en ce qui concerne la culture du riz hybride dans la Grande île. Effectivement, l’introduction de la culture du riz hybride dans le pays a rencontré une levée des boucliers de la part de différents intervenants dans la riziculture notamment en raison de la dépendance en raison de l’importation de semences.
D’autant plus que ces semences coûtent chères et ne sont pas à la portée des paysans. L’achat de ces semences grèvent ainsi le coût de production des agriculteurs. Et de par ce fait, certains arrivent à s’en sortir péniblement. Et ces semences ne sont pas disponibles partout.
De plus, dans la culture du riz hybride, les agriculteurs ne peuvent pas procéder de la même manière comme avec les semences traditionnelles. En effet, il est de coutume pour les agriculteurs malgaches de réserver une partie de la production pour la prochaine saison culturale. Donc, on n’achète pas les semences.
Ce système n’est pas possible avec le riz hybride. A chaque fois, il faut de nouvelles semences. Aussi, même si on produit sur place la production de semences de riz hybride, l’agriculteur malgache sera dépendant du producteur de semences sur place. Autrement dit, ce n’est qu’un simple transfert de dépendance.
C’est pourquoi, beaucoup pensent qu’il faut surtout mener des recherches sur des variétés adaptées aux conditions et aux réalités agricoles malgaches. Et pour ce faire, il faudra renforcer les capacités locales de recherche, de sélection et de production. Il existe dans le pays de nombreux centres de recherche agricole.
D’où la question : Pourquoi ne pas renforcer la recherche et la production de semences à Madagascar avec des variétés réellement adaptées aux agriculteurs malgaches ? Pourquoi ne pas investir davantage dans les semences locales déjà adaptées à nos terres ? Cela valorisera le savoir-faire et les ressources agricoles de Madagascar.
D’aucuns ignorent que le riz hybride a un meilleur rendement en terme de productivité. Mais quid des impacts réels sur les revenus et conditions de vie des agriculteurs ? Il ne faut pas oublier que la culture du riz hybride requiert une utilisation plus importante d’intrants.
De plus, quid de l’impact sur les sols suite à utilisation soutenue d’intrants chimiques ? Quant à la consommation du riz hybride, a-t-on déjà réalisé des études pour savoir s’il est apprécié des consommateurs locaux ? Pourquoi produire quelque chose que les gens ne consommeront donc n’achèteront pas ? Le plus important est que les agriculteurs puissent vivre de leur travail.
Ranaivo Lala Honoré




