Paludisme : la situation se précise à Ifana­diana, alerte à Ampanihy Ouest

La situation sanitaire signalée ces derniers jours à Ifanadiana se précise. Alors que les causes des nombreux décès d’enfants n’étaient encore que des suspicions, les investigations menées sur place confirment désormais l’implication du paludisme et de la rougeole. Dans le district d’Ampanihy Ouest, une recrudescence du paludisme est par ailleurs rapportée par une station publique locale.

A Ifanadiana, l’épidémie a fait 37 morts, principalement des enfants. Selon le Dr Désiré Rakotoari­mino, directeur général de la Médecine préventive, certains ont été atteints par l’une des deux maladies, tandis que d’autres ont cumulé les infections. La malnutrition, le retard dans le recours aux soins et la présence d’enfants « zéro dose », n’ayant reçu aucun vaccin, aggravent la situation.
Les moins de 15 ans représentent 75 % des décès, avec une forte proportion d’enfants de moins de cinq ans. Sur les 37 décès, quatre sont survenus dans des centres de santé contre 33 au niveau communautaire. Trois enfants décédés sur l’un des sites concernés n’avaient notamment reçu aucune vaccination.
Les analyses viennent confirmer ces premières constatations. Sur quatre prélèvements transmis à l’Institut Pasteur de Madagascar pour rechercher la rougeole, trois se sont révélés positifs. Pour le paludisme, 36 cas positifs ont été détectés grâce aux tests rapides, sur 362 consultations réalisées.
La riposte se poursuit avec 38 agents, dont 18 venus d’An­tananarivo. Plusieurs directions et programmes du mi­nistère de la Santé publique, des spécialistes hospitaliers et les équipes sanitaires locales participent à l’intervention. Médecins Sans Frontières, UNFPA Madagascar et Pivot apportent également leur soutien. Médicaments, eau et vi­vres sont acheminés vers les zones touchées, parfois par voie aérienne, tandis que les enfants malnutris sont pris en charge.

Signalement à Ampanihy Ouest
A Ampanihy Ouest, la situation est rapportée par une station publique locale. Selon cette source, une recrudescence du paludisme toucherait actuellement la majo­rité des 19 communes du district et aurait déjà causé plusieurs décès, notamment chez les enfants. Dans la nuit d’avant-hier, un enfant du centre-ville d’Ampanihy aurait encore succombé à la maladie.
L’accès aux soins constitue un problème majeur. Cer­taines localités se trouvent à plus de 50 kilomètres d’un CSB I ou CSB II, la charrette à bœufs restant parfois le principal moyen de déplacement. Les sécheresses et les crises de malnutrition récurrentes fragilisent également les populations. Dans certaines localités, l’utilisation des moustiquaires reste freinée par des pratiques culturelles.
Le député du district, Dr Marco Tsaradia, et le directeur régional de la Santé publique de l’Atsimo-Andrefana se sont mobilisés depuis ce week-end. Selon l’Institut Pasteur de Madagascar, le paludisme est endémique et périodique dans cette région.

Fahranarison / Sera R.

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