Longtemps cantonné à l’artisanat traditionnel, le bambou pourrait progressivement devenir une véritable filière économique à Madagascar. Dans cette optique, l’Aide de la Chine pour un futur partagé, l’Organisation internationale du bambou et du rotin (INBar) et le Centre malgache des ressources et des technologies du bambou (CMBart) ont octroyé différents équipements à l’association Afima, regroupant des artisans ayant participé aux premières initiatives, visant à promouvoir la filière bambou dans le pays.
Ce don comprend des machines à coudre, des compresseurs, des chalumeaux et des scies électriques, est destiné à améliorer les conditions de production et la qualité des articles fabriqués.
« Certains artisans ont déjà reçu des formations, mais disposent encore d’équipements insuffisants pour exploiter pleinement leurs compétences », a déclaré Jean Yves Razafindrakoto, président du CMBart.
En effet, l’accès aux équipements figure parmi les principaux défis pour développer la filière. Le président du CMBart a précisé que ces matériels vont permettre aux artisans d’améliorer la finition des produits. « Ils vont aussi contribuer à réduire leurs dépenses liées à la sous-traitance et, par conséquent, à améliorer leurs revenus », a-t-il ajouté.
Un fort potentiel à exploiter
Le potentiel commercial est bien là. « Les produits en bambou malgaches peuvent trouver des débouchés à La Réunion, aux Seychelles et sur les marchés européens », a indiqué Jean Yves Razafindrakoto, tout en signalant que si certains artisans exportent déjà, les volumes restent limités. La qualité, la normalisation et la disponibilité de la matière première constituent encore des contraintes à lever pour permettre à la filière de changer d’échelle.
Concernant la matière première, Madagascar compte environ 35 espèces de bambou, dont certaines poussent naturellement et d’autres ont été introduites. Leur croissance rapide constitue un avantage pour développer une production durable.
« Cinq régions, à savoir Analamanga, Vatovavy, Fitovinany, Alaotra-Mangoro et Atsinanana, vont notamment accueillir des pépinières dédiées au bambou », a affirmé Rasolonirina Ramenason, coordonnateur national de projet au sein du ministère de l’Environnement et du développement durable. L’objectif est de réduire progressivement la dépendance aux semences importées d’Inde et de Chine.
Jean Riana




