Petit modèle de Refondation…

« Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. »
Plus de soixante-cinq ans après avoir été prononcée par John F. Kennedy lors de son discours d’investiture du 20 janvier 1961, cette phrase conserve une étonnante actualité. Elle était un appel au service et à l’engagement des citoyens pour le bien commun. A des milliers de kilomètres de Washington, une famille d’Ambatonakanga vient, à sa manière et sans grands discours, d’en donner une illustration.
Elle a entrepris d’améliorer les escaliers d’Ambatona­kanga. Pas de caméra convoquée pour immortaliser le geste. Pas de cérémonie. Pas de communiqué. Elle n’a surtout pas attendu que quelqu’un vienne le faire à sa place. Un petit geste à l’échelle d’un pays, peut-être, mais dont la portée immense.
À Madagascar, on a pris l’habitude de demander beaucoup à l’État. Des routes, de l’eau, de l’électricité, des écoles, de la sécurité, de la propreté, des emplois, des infrastructures qui fonctionnent. Ces exigences sont légitimes. L’Etat, les communes et les institutions publiques ont des responsabilités qu’ils doivent assumer.
Mais la construction d’une nation ne peut pas être uniquement l’affaire de ceux qui gouvernent. La Refondation dont Madagascar parle tant ne se jouera pas seulement dans les palais de la République, les ministères ou les textes institutionnels. Elle se joue également dans les rues, les quartiers, les fokontany et surtout dans le rapport au bien commun.
Ne pas jeter ses déchets dans la rue est déjà un acte civique. Respecter un jardin public, ne pas dégrader une infrastructure, protéger ce qui appartient à tous, participer à une initiative communautaire ou simplement laisser derrière soi un quartier meilleur que celui que l’on a trouvé… voilà aussi une manière de servir son pays.
L’exemple d’Ambatonakanga ne doit évidemment pas servir d’alibi au désengagement de l’Etat. Demander aux citoyens ce qu’ils peuvent faire pour Madagascar ne signifie pas renoncer à demander aux institutions ce qu’elles doivent faire pour les Malgaches. C’est précisément une responsabilité partagée.

Tivo Rasam

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