Faisant suite à l’annonce du colonel Michaël Randrianirina sur la relance de Volobe Amont après son retour d’Europe, suivie d’une campagne de consultations de trois jours menée par la Compagnie Générale d’Hydroélectricité de Volobe (CGHV) auprès des communautés de Fanandrana, Ambodilazana et Toamasina, le projet franchit une nouvelle étape significative.
Le projet de barrage hydroélectrique de Volobe, sur la rivière Ivondro, situé à environ 35 km de Toamasina (district de Toamasina II), s’inscrit dans la stratégie «Global Gateway» de l’Union européenne, qui vise à renforcer les infrastructures énergétiques et de transport. Sa relance s’annonce prometteuse après des années d’attente.
Dans ce cadre, hier au palais d’État d’Iavoloha, l’État malgache, représenté par le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Radonirina Lucas Rabearimanga, et Rémy Huber, directeur général de la CGHV, ont signé un protocole d’accord en présence du président de la Refondation, Michaël Randrianirina, et de l’ambassadeur de l’Union européenne, Roland Kobia.
A travers cette signature, les deux parties peuvent maintenant passer à la prochaine étape, celle du bouclage financier et «de la poursuite des démarches nécessaires avant le démarrage des travaux», selon le ministère de tutelle.
Pour rappel, Volobe vise à fournir une électricité fiable et bon marché à plus de deux millions de Malgaches. La centrale aura une puissance installée de 127 MW. Sa production moyenne atteindra 750 GWh par an, ce qui équivaudra à 35 % de l’électricité produite aujourd’hui dans le pays. Environ 60 MW alimenteront Toamasina et plus de 60 MW rejoindront le Réseau interconnecté d’Antananarivo, via le projet Prirtem I. Une fois opérationnelle, la centrale devrait accroître la capacité de production d’électricité du pays d’environ 20 %.
Interconnexion
En matière de financement des travaux, l’Union européenne contribuera à hauteur de 212 millions d’euros, soit plus de 1 000 milliards d’ariary. La France et la Banque européenne d’investissement soutiennent également le projet. L’UE financera la ligne Toamasina-Antananarivo d’une puissance de 220 kV, qui couvrira environ 267 km et comptera quatre sous-stations.
«Nous sommes aux côtés des Malgaches pour rendre ce projet possible», a confirmé l’Union européenne.
L’accord comporte six leviers d’optimisation, à savoir la participation de l’État au capital, la fiscalité, l’engagement de la CGHV sur les achats, le financement et les infrastructures associées. Ils découlent de la table ronde organisée du 23 au 28 août 2026. Les partenaires visent «une énergie fiable, compétitive et durable» pour la population.
Les discussions ont duré plusieurs mois. En août, la durée de la concession était au cœur du débat. Les accords de 2023 la fixaient à 25 ans, mais le consortium demandait 30 à 35 ans. Le ministère avait posé une condition : une baisse du prix d’achat de l’électricité par l’État.
Depuis 2016, le projet a connu une avancée notable. «Les principales étapes ont été franchies ces six derniers mois», assurent les autorités. Il relève d’un partenariat public-privé et doit soutenir le développement économique et social du pays. Les engagements environnementaux et sociaux restent applicables.
Arh.





