Le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) a choisi de monter au créneau. Au lendemain de la diffusion d’informations faisant état d’importants retards dans le paiement des salaires du sélectionneur des Barea de Madagascar, de son staff technique et de plusieurs indemnités liées aux dernières sorties de l’équipe nationale, les responsables du département des Sports ont tenu une conférence de presse musclée hier à Ambohijatovo. L’objectif était clair, éteindre l’incendie médiatique avant qu’il ne gagne davantage les travées d’un football malgache déjà habitué aux turbulences extrasportives.
Rarement le MJS aura pris la parole avec une telle fermeté sur un dossier aussi sensible. Face aux critiques et aux interrogations grandissantes des supporters, le secrétaire général (SG) du ministère, Gaspard Hariliva Brice, a fait une mise au point sans détour, dénonçant au passage des informations qu’il juge incomplètes, biaisées et susceptibles de créer une confusion inutile autour des Barea.
Face à la montée de pression, le MJS a tenu à rappeler que le dossier est loin d’être abandonné dans les tiroirs de l’administration. Selon le secrétaire général, les retards trouvent principalement leur origine dans le renouvellement du contrat liant le ministère, la fédération malagasy de football (FMF) et le staff technique national.
Le précédent accord étant arrivé à échéance en janvier, une nouvelle signature devait intervenir dès février. Une cérémonie était même programmée avec la présence du ministre, du président de la FMF et du sélectionneur. Mais au moment de parapher les documents, certains points contractuels ont été au cœur de divergences entre les différentes parties.
Le MJS exprime son souhaité de revoir certaines dispositions, afin d’optimiser le partenariat et répondre aux attentes de résultats de la nation. Pour autant, le SG du ministère insiste sur un point, malgré l’absence de signature immédiate, le staff des Barea n’a jamais cessé de travailler. Les regroupements se sont poursuivis, les matchs ont été préparés et les missions ont continué normalement, preuve selon lui que les différentes parties disposaient des garanties nécessaires pour maintenir la collaboration.
Au-delà de l’aspect contractuel, le ministère invoque également les lourdeurs administratives inhérentes à la gestion de fonds publics. Les montants concernés étant conséquents, leur déblocage nécessite un long circuit réglementaire, jalonné de validations successives et de l’approbation du Conseil des ministres.
Le MJS assure ainsi que le dossier a bien suivi son cheminement institutionnel et qu’il a récemment franchi une étape décisive. Un décret spécial était notamment indispensable pour permettre le paiement des rémunérations du sélectionneur ainsi que des primes accumulées depuis la fin de l’année 2025. Ce texte a finalement obtenu le feu vert du Conseil des ministres, ouvrant la voie au transfert des crédits vers le département des Sports.
Dans le même registre, le directeur général des Sports, Harinirina Rajohanesa Brice, a apporté des détails sur la nature exacte des arriérés. Les sommes concernent les primes liées aux rencontres disputées en Turquie et au Maroc, les primes de présence, la prime de victoire obtenue face au Kirghizistan, les primes du match contre la Guinée ainsi que les salaires de janvier du sélectionneur national et de son adjoint.
Le DG des Sports a également rappelé que le nouveau contrat du staff technique est effectif depuis février et que sa prise en charge financière jusqu’au mois de décembre a été validée par le Conseil des ministres.
Divulgation des informations confidentielles
Mais au-delà de la simple mise au point financière, le ton employé par les responsables du ministère traduit un certain agacement. Dans leurs interventions respectives, les dirigeants du MJS se sont interrogés ouvertement sur les motivations ayant conduit à la divulgation des informations. Sans citer de noms, ils évoquent une communication partielle des faits et estiment que certaines données à caractère confidentiel ont été rendues publiques sans les vérifications nécessaires.
Le ministère va même plus loin en annonçant vouloir examiner les suites à donner à cette fuite d’informations administratives. Un signal fort envoyé à ceux qui ont porté l’affaire sur la place publique.
Naisa





