Il suffit parfois de quelques clics pour trouver quelqu’un qui propose de vous apprendre à conduire. À l’heure des réseaux sociaux, tout peut devenir un service à domicile, y compris… l’apprentissage de la conduite. Le problème, c’est qu’une voiture n’est pas un simple outil de formation et qu’une route n’est pas une salle de classe. Eh oui.
Le débat soulevé par les auto-écoles mérite ainsi mieux qu’une querelle corporatiste. Derrière les offres qui circulent sur les réseaux sociaux se pose une question beaucoup plus sérieuse, celle de savoir qui apprend à nos futurs conducteurs à prendre le volant ?
Les accidents de la circulation nous rappellent régulièrement que la route reste un espace dangereux. Et il faut être juste : tous les accidents ne sont pas forcément dus à la faute d’un conducteur. Une panne mécanique, un problème technique, l’état de la chaussée, un obstacle imprévu, les conditions météorologiques ou encore le comportement soudain d’un autre usager peuvent provoquer un accident. On ne peut donc pas mettre chaque drame routier sur le compte d’une mauvaise conduite.
Mais justement, lorsqu’un événement imprévisible survient, la qualité de la formation peut faire toute la différence. Savoir freiner correctement, garder ses distances, anticiper et éviter une manœuvre dangereuse ou simplement conserver son calme face à une situation inattendue ne s’improvise pas en deux ou trois jours.
Le permis de conduire n’est pas un diplôme que l’on décroche après quelques heures passées à tourner autour d’un quartier. Il suppose de connaître le code, de comprendre les règles de priorité, de maîtriser les réflexes essentiels et surtout d’apprendre à anticiper les erreurs des autres. Car sur la route, l’erreur ne se corrige pas toujours avec un simple coup de frein.
Cela dit, les autorités doivent contrôler les formations clandestines mais aussi rendre le parcours légal plus accessible car une bonne formation peut parfois empêcher qu’une situation dangereuse ne tourne au drame.
Rakoto





