La gâchette facile

Le drame qui s’est déroulé vendredi dernier à Namontana continue d’enflammer les réseaux sociaux. Il s’agissait, ni plus ni moins, de la perte d’une vie humaine ainsi que de cinq autres blessés, tous par balles, après que des éléments des forces de l’ordre aient tiré sur eux.
Sans le moindre doute, on peut qualifier ce drame de bavure policière. En effet, les victimes ne sont que
de simples employés d’une pizzeria du coin qui rentraient chez eux après une longue journée de travail après avoir raccompagné leur employeur à son domicile.
La principale faute des policiers est d’avoir tiré sans avoir préalablement procédé aux contrôle et vérification d’usage (identité, motif de déplacement en pleine nuit, … ). Ils ont préféré tirer sans discernement, ce qui, en quelque sorte, montre un certain manque de professionnalisme.
On se demande bien pourquoi ont-ils ouvert le feu sans sommation ? Par manque de sang froid ou en raison d’une volonté manifeste d’utiliser leurs armes ? Quoi qu’il en soit, c’est tout le système de recrutement au niveau des forces de l’ordre qui est remise en cause dans les réseaux sociaux.
D’autant plus que ces dernières semaines, la direction générale de la police nationale a publié un démenti contre les rumeurs dénonçant l’existence de corruption dans le cadre du recrutement de nouvelles re­crues au sein de la police nationale. D’où la question : A-t-on bien fait les choses dans les normes ?
Certes, les conditions dans lesquelles les policiers exercent leurs activités sont aujourd’hui beaucoup plus dangereuses qu’avant. Beau­coup d’individus contre lesquels ils luttent sont armés et ils n’hésitent pas à utiliser leurs armes. Mais cela ne justifie aucunement l’utilisation de leurs armes de la part des policiers.
Effectivement, le fait est qu’il n’y a pas
d’échange de tir entre les deux parties. Autrement dit, on peut supposer que l’autre partie n’était pas armée. Apparem­ment, cela semble être le cas. Ce qui laisse penser que la réaction des policiers était démesurée comparée au comportement de la soit présumée adversité.
Dans une éventuelle faute flagrante des policiers, que va-t-il se passer ? Va-t-on appliquer les sanctions correspondant à une bavure policière ? Ou bien, va-ton se satisfaire d’une simple affectation dans une autre localité ? Il faut se dire que l’impunité laisse libre cours à la récidive.
Quoi qu’il en soit, ce drame remet en question la mission des forces de l’ordre dans le cadre des opérations de sécurisation de certaines zones dites «rouges». Au d’assurer la protection de la société, elles représentent un danger pour elle car elles ont la gâchette facile.

Ranaivo Lala Honoré

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