Examens nationaux: l’Etat veut verrouiller 2027 après les failles de 2026

Les examens nationaux de 2026 sont terminés, mais leurs failles restent sur la table. Fuites de sujets, problèmes de transport, retards dans les équipements, fraude et insuffisances logistiques : le ministère de l’Education nationale veut tirer les leçons avant le prochain rendez-vous.

Pas question d’attendre le dernier moment pour corriger les dysfonctionnements. Réunis hier à l’INFP Mahamasina,
le ministre de l’Education nationale, Sendra Nirina Rajaonarison, ses collaborateurs, les responsables éducatifs, les enseignants, les chefs d’établissement et les représentants des forces de l’ordre ont passé au crible l’organisation des examens nationaux 2026. L’objectif est d’identifier les failles et préparer dès maintenant les examens de 2027.
Le bilan présenté par la Direction des examens du ministère de l’Education nationale (Dexamc) fait ap­paraître une réalité contrastée. Au CEPE, le taux de réussite est passé de 84,28 % en 2025 à 80,67 % en 2026, alors que le nombre de candidats inscrits est passé de 571.367 à 583.463. Au BEPC, en revanche, le taux de réussite est passé de 59,02 % à 61,85 %, avec un nombre de candidats en hausse, de 299.392 à 327.815.
Pour le ministère, la baisse enregistrée au CEPE ne traduit pas nécessairement une baisse du niveau des élèves. Le renforcement de la sécurisation des sujets, l’application plus stricte des mesures contre la fraude et une collaboration accrue avec les forces de l’ordre ont également pesé sur le déroulement des épreuves.

Des sujets encore trop vulnérables
Le point le plus sensible reste la sécurisation des sujets. Leur diffusion avant les épreuves, notamment sur les réseaux sociaux, constitue une menace directe pour la crédibilité des examens. A cela s’ajoutent les cas de fraude, d’usurpation d’identité, de tricherie et même de corruption signalés dans certains centres.
Les difficultés logistiques ont également compliqué l’organisation. Retards dans l’arrivée des fournitures et équipements, problèmes de qualité du papier, transport difficile des sujets et du matériel : autant de contraintes qui devront être anticipées en 2027.
Le ministère envisage ainsi de lancer plus tôt la préparation budgétaire, avec une intégration au plus tard en février et une transmission à la PRMP afin de garantir la disponibilité des équipements nécessaires. La préparation et l’acheminement des sujets devraient également être davantage centralisés. Des sujets de réserve sont prévus, tandis que le transport des sujets pourrait se faire par fourgon blindé escorté par les forces de l’ordre.
La ministre veut toutefois éviter que cette rencon­tre ne se transforme en procès d’intentions. « Il faut signaler ce qui ne va pas et ne pas hésiter à dire les choses clairement », a-t-elle insisté, tout en rappelant que « nous sommes ici pour échanger, pas pour nous battre ».
Du côté des forces de l’ordre, une meilleure coordination est également préconisée. Le préfet d’Antana­narivo et le responsable régional de la sécurité pu­blique d’Analamanga proposent notamment de formaliser les responsabilités par des actes réglementaires et de mettre en place un centre opérationnel capable de coordonner la sécurisation avant, pendant et après les examens. Le compte à re­bours pour 2027 est donc déjà lancé.

Fahranarison

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