Le sport Roi

Les 54 Fédérations nationales africaines de football peuvent se frotter les pieds. Le montant de leur allocation annuelle, est passé de 200.000 à 700.000 dollars, d’après la décision de Patrice Motsepe, président de la Confé­dération africaine de football (Caf). Une hausse substantielle des fonds développement de la discipline dans le continent, que demande les fédérations, mais fait peser sous cet angle une responsabilité accrue sur elles, notamment celles cibles de critiques virulentes et dont l’équipe nationale a du mal à remonter la pente.
L’histoire retiendra que Madagascar a tenu la dragée haute aux grandes nations du continent, lors de la Can 2019 en Egypte. Mais sept ans après l’épopée historique des Barea, l’équipe nationale continue de sombrer et semble naviguer à vue, loin du niveau de la génération dorée. Et la FMF qui aborde un virage important de son mandat, est condamnée à rectifier ses tirs au risque.
Dans le football moderne, la performance n’est rarement le fruit du hasard. Elle repose sur la mise en place d’une structure solide, d’une politique de développement cohé­rente et de formation pointue dans l’air du temps. Effecti­vement, l’argent de la Caf pourrait permettre de densifier la chaîne de développement du football malgache, depuis les centres de préformation jusqu’aux sélections nationales.
Mais, augmenter les ressources financières ne garantit pas automatiquement le progrès sportif, surtout que les fédérations censées menées le changement, ne sont plus crédibles et sont au cœur d’une turbulence administra­tive.
À Madagascar, les observateurs attendent plus qu’une simple amélioration des comptes. Le véritable indicateur sera visible sur le terrain avec davantage de compétitions pour les jeunes, des championnats mieux organisés, des infrastructures plus adaptées, une meilleure préparation des sélections et un accompagnement plus efficace des clubs engagés sur la scène continentale.
Dans les coulisses du football malgache, certains y voient déjà une occasion de réduire les dépenses ponctuelles et le montant des appuis extérieurs. D’autres estiment que cette subvention en hausse doit surtout servir à bâtir un modèle durable capable de produire régulièrement des talents et de maintenir les Barea dans la course aux grandes compétitions africaines.
Plus que jamais, la fédération malgache joue un match décisif hors du terrain. Un match régi par les règles de la bonne gouvernance, de transparence…avec obligation de résultats. Car si les 700.000 dollars annuels offrent un nouvel élan, seule une gestion rigoureuse permettra de transformer cette opportunité financière en victoires durables pour le football national.

Naisa

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