Les ménages d’Ampefiloha Cité et d’Avaradoha adoptent peu à peu le tri des déchets. Porté par le projet d’amélioration des équipements de la Gestion des déchets solides d’Antananarivo (Gesda), ce changement s’appuie sur la Société municipale d’assainissement (SMA).
Le gouvernement japonais finance l’initiative par l’intermédiaire de l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica). Prévu de 2022 à 2026, le projet dispose de 845 millions de yens, soit environ 25 milliards d’ariary. Il combine un don d’équipements de collecte et de transport avec une coopération technique. Autour de la SMA, il réunit le ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène, la Commune urbaine d’Antananarivo, les Fokontany pilotes et les structures RF2.
Sur le terrain, les résultats se confirment. À Ampefiloha Cité, le tri existe depuis plus de deux ans, et environ 75% des foyers trient désormais à la source. À Avaradoha, la démarche a débuté en mars 2026. La sensibilisation s’y poursuit et cinq points de collecte ont été aménagés, car les camions n’accèdent pas aux ruelles étroites. Parallèlement, le taux de couverture des points de collecte est passé de 40% en 2022 à 82% en 2025. Dans le même temps, les déchets collectés ont augmenté, de 194.748 tonnes avant le projet, à 272.739 tonnes en 2025.
Conviction
Reste à convaincre durablement les habitants. « Changer les habitudes et les comportements n’est pas facile », reconnaît Jocelyne Ratahiriarivony, responsable au sein de Gesda. Pendant des décennies, en effet, tout se jetait ensemble. Le projet apprend donc à séparer les déchets biodégradables des non biodégradables. À Avaradoha, des agents de la SMA surveillent les bacs et indiquent quoi déposer dans chacun. Un obstacle subsiste néanmoins. «Des personnes de l’extérieur jettent leurs ordures sans respecter les consignes», regrette Julie Sandra Rakotoarisoa, garde-bac.
L’enjeu en vaut pourtant la peine, car les déchets triés ont une seconde vie. Les plastiques se recyclent, les déchets organiques deviennent du compost et certaines matières servent à fabriquer des pavés autobloquants. Le message aux habitants tient donc en une phrase : «J’aime ma ville, je trie mes déchets». Les ordures se déposent dans les bacs entre 16 h et 20 h. Il faut maintenant ancrer ce réflexe pour des quartiers plus propres et moins exposés aux risques sanitaires.
Arh.





