Le train sifflera trois fois

Le transport ferroviaire va être relancé à Madagascar. C’est du moins ce que prévoit le régime de la Refonda­tion. Et les responsables actuels du Réseau na­tional des chemins de fer de Madagascar (RNCFM) s’y attèle déjà. C’est une bonne nouvelle qui est bien accueillie partout.
Effectivement, ces dernières années, le transport ferroviaire s’est vu se détériorer au fil du temps à tel point qu’on s’est demandé s’il était toujours fonctionnel à Madagascar. Pourtant le réseau qui existait rendait bien des services sur tous les plans.
Premièrement, il est évident que le transport par voie ferrée des carburants est moins cher comparé au transport terrestre des mêmes produits. Ainsi, devrait contribuer à la baisse des frais de transport y afférents, ce qui, logiquement, se traduire par un impact sur les prix affichés à pompe, aussi minimes soient-ils.
On ne doit pas raisonner en termes de concurrence mais du point de vue de la complémentarité. Quoi qu’il en soit, le transport terrestre ne suffira jamais à faire oublier le transport ferroviaire même si, par exemple, la construction de l’autoroute reliant Antanana­rivo à Toamasina était menée à terme.
D’autant plus le train contribue largement au désenclavement de nombreux villages côtiers qui ne sont accessibles que par voie ferroviaire tel que le village d’Ankarefo sur la ligne TCE. Autre­ment dit, c’est un moyen de transport irremplaçable qui facilité la mobilité des biens et des personnes.
Même si cela demande plus de temps, beaucoup de gens préfèrent le transport ferroviaire pour de nombreuses raisons. Dans un wagon, le voyage est plus convivial et plus confortable. On a beaucoup plus de liberté de mouvement dans un wagon que de rester coincé sur un siège de taxi brousse.
Beaucoup de jeunes (et de non moins jeunes) n’ont pas encore goûté au plaisir de voyager par train. Ce sera une expérience inoubliable pour eux. En matière de tourisme, les paysages pittoresques offerts par les différentes régions traversées par le chemin de fer ne manqueront pas d’éblouir les touristes internationaux.
Mais avant toute cho­se, il faut assurer la sécurité des biens et des personnes au niveau du transport ferroviaire. Le matériel d’exploitation (voies ferrées, wagons, locomotives … ) est relativement vieillissant. Leur défaillance pourrait nuire au transport ferroviaire.
Quoi qu’il en soit, le projet d’étendre la ligne ferroviaire jusqu’à l’extrême Sud du pays, c’est-à-dire Toliara est louable. Mais on peut toujours avancer que Taolagnaro serait mieux placée avec un port où les bateaux peuvent accoster avec un quai.
Le moins qu’on puisse dire est que la réhabilitation du RNCFM est très attendue. Il va pouvoir renaître de ses cendres comme beaucoup l’espère. Et comme dans ce bon vieux film de western qui a marqué de nombreux esprits, tous s’attendent à ce que, de nouveau, à chaque entrée d’une gare, le train sifflera trois fois.

Ranaivo Lala Honoré

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