La quatrième journée du 153e KMSL ou Comité central du Grand Synode, qui s’est tenue hier à la cathédrale FLM d’Ampanihy, a été placée sous le thème “La collaboration entre l’Eglise et l’Etat”. A cette occasion, le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, a mis l’accent sur la laïcité de l’État qui implique la séparation de l’Etat et des organisations religieuses.
«Le pouvoir n’est pas un privilège pour s’enrichir, ni pour accumuler des richesses, mais pour servir le peuple. Nous respectons pleinement la laïcité telle que définie dans la Constitution, qui ne confond pas les affaires de l’État et celles des Eglises Foi, comme le stipulent les articles 1 et 2 de la Constitution malgache», a déclaré le colonel Michaël Randrianirina.
Le président a souligné que l’Etat n’intervient pas dans les affaires des organisations religieuses. En contrepartie, les institutions religieuses ne s’immiscent pas non plus dans la gestion des affaires publiques et politiques de l’État. «Ni l’Etat ni les institutions religieuses ne doivent empiéter sur le domaine autre que le sien», a-t-il affirmé.
Ils sont complémentaires
Mais d’après toujours le président de la Refondation, les organisations religieuses et l’Etatne s’opposent pas l’un l’autre, ils sont complémentaires, à travers de nouvelle forme de collaboration Cependant, il existe une nouvelle collaboration que l’État peut entreprendre avec l’Église, qui ne remet pas en cause la laïcité de l’État, notamment dans le contexte actuel où le FFKM a été chargé de mener le processus de la concertation nationale. A citer la mise en place d’un «Conseil national de dialogue État-Église» et la création d’un “mécanisme” pour gérer la diaspora.
«Cela allège le travail de l’Etat dans le développement de Madagascar. Ce n’est pas une opposition mais une complémentarité : ce que l’Eglise ne peut pas faire, l’Etat le fait, et ce que l’Etat ne peut pas faire, c’est l’Eglise qui le fait», a-t-il poursuivi. Il a clairement affirmé que l’Etat peut très bien collaborer avec l’Eglise. C’est pourquoi, le FFKM est reconnu comme une autorité morale d’utilité publique.
Un appel aux chrétiens
Le colonel a également rappelé que c’est le devoir de l’Eglise de prier pour les dirigeants. «Si vous voulez nous aider, priez pour nous car ce n’est pas facile. Cela peut être un combat mais c’est quelque chose de sacré», a-t-il dit.
Il a rappelé l’enseignement de Luther sur le régime spirituel et le régime temporel : «La distinction entre la gestion spirituelle et politique doit être scrupuleusement respectée». Il a également lancé un avertissement : «On est un bon chrétien à l’église, mais une fois dehors, c’est tout autre chose que l’on fait», et «Il faut de l’humilité ; nous sommes contents de conduire des 4×4, de construire de grandes maisons alors que le peuple croupit dans la boue et l’eau sale. Ce qui nous rend pauvres, c’est que l’égoïsme règne et qu’il n’y a ni humilité ni compassion».
Menace contre le Colonel Randrianirina
Dans la foulée, le colonel Michaël Randrianirina, a révélé avoir reçu un message l’avertissant d’une menace occulte. Selon ses propos, des individus auraient été envoyés depuis Toamasina vers Antananarivo, pour lui jeter un sort de foudre.
«La nature appartient à Dieu, ce n’est pas à l’homme de faire tomber la foudre sur moi», a-t-il réagi devant les fidèles. Le chef de la Refondation, qui a déjà évoqué à plusieurs reprises les pressions et les pratiques mystiques visant sa personne, a appelé l’Eglise à la prière.
«Si vous voulez nous aider, priez pour nous face à tout ce qui se passe dans le pays, car ce n’est pas facile. En plus des troubles que l’on cherche à provoquer et qui pourraient conduire à des affrontements, ces choses peuvent-être vraies aussi», a-t-il déclaré.
N.A





