Face aux risques d’inondation, Antananarivo veut agir au sein même des quartiers. Lancée officiellement hier, la deuxième phase du Programme intégré d’assainissement d’Antananarivo (PIAA2) entend mobiliser les citoyens et gérer localement l’eau, en complément des interventions techniques. Le dispositif concerne 52 fokontany de la capitale, jusqu’en 2028.
La lutte contre les inondations à Antananarivo ne repose pas uniquement sur les infrastructures d’assainissement. Elle passe aussi par le civisme des habitants, notamment en matière de gestion des déchets et des eaux pluviales. C’est le parti pris du Programme intégré d’assainissement d’Antananarivo, phase II (PIAA2), dont le lancement officiel s’est tenu hier au Motel Anosy.
Mis en œuvre sous l’égide du ministère de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène (MEAH), à travers la Cellule de gestion du PIAA2 (CGPIAA2), le programme entend renforcer la capacité de la capitale à faire face aux inondations en misant sur des actions de proximité. «Il ne s’agit pas d’un projet d’infrastructures, mais d’actions de proximité avec la population», souligne Andry Heriniaina Rajaoferison, directeur de l’Assainissement auprès du MEAH.
L’approche consiste à associer les communautés à la recherche de solutions adaptées aux difficultés rencontrées dans leurs quartiers, qu’il s’agisse de la gestion des déchets, des eaux de ruissellement ou des eaux usées. Des ONG seront mobilisées pour accompagner la mise en œuvre des activités sur le terrain.
Agir en amont
La bétonisation des surfaces figure parmi les causes des inondations dans la capitale. Dans les quartiers situés en hauteur comme dans les zones basses, la multiplication des surfaces imperméabilisées limite l’infiltration de l’eau dans le sol. Les eaux pluviales ruissellent alors vers les secteurs en contrebas, où leur accumulation accroît les risques d’inondation.
Pour Riana Andriambololomanana, expert urbaniste du groupement Gret, l’enjeu est de mieux retenir l’eau en amont afin de réduire les volumes qui s’écoulent dans les zones basses. Parmi les solutions évoquées, l’installation de citernes pour récupérer les eaux pluviales et la réduction des surfaces bétonnées. Des méthodes de traitement de l’eau sont également envisagées.
52 fokontany mobilisés
Le PIAA2 prévoit une démarche participative articulée autour de quatre étapes : des enquêtes de terrain menées avec les habitants pour identifier les problèmes, l’élaboration concertée de solutions, des actions de sensibilisation et de mobilisation communautaire, ainsi que des initiatives pilotes destinées à promouvoir les bonnes pratiques.
Les messages et les activités seront conçus avec les populations avant d’être déployés au niveau des fokontany. Les représentants de 52 fokontany sont concernés, notamment à Anosizato, Anosizato-Atsinanana, Anosizato-Andrefana, Mahamasina et dans la plaine de l’Est.
Une expérimentation pilote sera également menée dans cinq micro-quartiers auprès de 100 ménages. Cette phase doit permettre de tester des solutions de gestion de l’eau à l’échelle locale et montrer comment les pratiques adoptées en amont, peuvent contribuer à limiter les écoulements vers les zones situées en contrebas.
Fahranarison





