Plus de 1.000 milliards d’ariary pour la Jirama: le président réclame des résultats concrets

Malgré les importantes subventions accordées par l’Etat, les délestages continuent de perturber le quotidien des habitants d’Antananarivo. Hier à Mandroseza, lors de la remise de 12 camions-citernes destinés à l’approvisionnement en eau de la capitale, le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, s’est même demandé pourquoi la Jirama n’arrive pas à mettre fin aux coupures d’électricité.

Les financements se poursuivent, mais les difficultés persistent. Le président de la Refonda­tion, Michaël Randrianirina, a exprimé son incompréhension face à la situation de la Jirama, malgré les importantes ressources financières mobilisées par l’Etat.
«Le régime de la Refon­da­tion a déjà accordé plus de 1.000 milliards d’ariary à la Jirama», a-t-il déclaré.
Pour donner une idée de l’ampleur des montants, il compare ces chiffres à ceux de 1.000 milliards d’ariary du Fonds d’entretien routier (Fer), utilisés pour financer de nombreux travaux routiers à travers le pays.
Le chef de l’Etat a également évoqué une nouvelle subvention de 830 milliards d’ariary, signée la semaine précédente. Selon ses estimations, entre 75 % et 85 % de cette enveloppe seraient consacrés au secteur de l’électricité. «Ce qui est étonnant, c’est que la situation reste toujours inchangée», a-t-il déploré, alors que les habitants de la capitale su­bissent de nouvelles coupures récurrentes de courant.
Et parmi les causes avancées par le directeur général de la Jirama, le général Haja­tiana Rasolomanana, une baisse de la production hydro­électrique, des pannes affectant plusieurs équipements à Ambohimanambola et d’es incidents sur le réseau de distribution. Le déficit de production, estimé à 12 MW le 21 octobre, atteignait 25 MW dès le lendemain. Et les incidents survenus le 25 octobre dans les sous-stations Tana-Sud et Tana-Ouest, ont encore aggravé la situation.
Pour rappel, aux importantes subventions accordées à la Jirama s’ajoute l’importation directe de 63 mil­lions de litres de gasoil, destinés aux centrales thermi­ques de la compagnie nationale. L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement en carburant pendant six mois, particulièrement durant la période d’étiage. Le président Michaël Randrianirina a alors évoqué une différence de prix de 600 à 800 ariary par litre par rapport aux achats habituels de la Jirama. L’opération vise ainsi à réduire les coûts d’approvisionnement et à soutenir la production électrique.

Contrats d’achat d’énergie
Sur le plan énergétique, la Jirama souhaite réduire sa dépendance aux producteurs privés et aux achats de carburant, qui pèsent lourdement sur ses finances. Le di­recteur, le général Haja­tiana Rasolomanana souligne la nécessité de revoir certains contrats et de renforcer la production propre de la compagnie, notamment grâ­ce aux centrales solaires, dont certaines sont déjà en cours.
La société d’État veut d’abord limiter le recours aux centrales thermiques, car le carburant coûte très cher et pèse lourdement sur ses finances. «Plusieurs contrats doivent être étudiés de près et corrigés», a-t-il insisté.
Parallèlement, la Jirama entend renforcer sa prop­re production. Elle fait aussi de l’énergie renouvelable sa priorité, en particulier le so­laire, avec plusieurs projets déjà en cours. L’ob­jec­tif reste clair : fournir de l’eau et de l’électricité sans interruption à la population.
Appel au patriotisme
Malgré ces initiatives, les délestages persistent à Anta­nanarivo en raison des dé­faillances techniques constatées sur les installations de production et de distribution. Cette situation suscite les interrogations sur les capacités opérationnelles de la compagnie à transformer les moyens mis à sa disposition en amélioration durable du service.
Le président de la Refon­dation a donc insisté sur les responsabilités de l’entreprise. «Nous assurons les financements, et c’est à vous de faire le travail», a-t-il lancé aux responsables et em­ployés de la Jirama. Il a également ap­pelé ces derniers au patriotisme, en les invitant à prendre la mesure des difficultés vécues par la po­pulation. «Ne sommes-nous pas attristés de voir la population malgache se plaindre des délestages ? Antana­na­rivo mérite-t-elle une telle si­tuation ?», s’est-il interrogé.

Tivo Rasam

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